g8 ARTS MECANIQUES.
place. Cette substance, avec laquelle on polittoutes les agates d’Oberstein , et dont chaquemoulin consomme trois cents livres par an, s’em-ploie en poudre délayée dans l’eau comme le tri-poli , et s’étend avec une spatule sur des cylindresde bois mou , qui font partie de ces moulins.C’est en grande partie à l’abondance et à la proxi-mité de ce tripoli particulier qu’on doit le basprix des ouvrages qui sortent de ces ateliers, etqui se répandent dans toute l’Europe et en Asie .
Les tripolis sont d’un grand usage dans les arts,on s’en sert pour polir les glaces, pour rehausserl’éclat des métaux dans la bijouterie , l’orfèvrerieet l’horlogerie, pour donner le lustre aux mar-bres, pour polir la corne et l’écaille, et pour aviverle poli d’un grand nombre de pierres fines. Leslapidaires les emploientà l’eau, et dans les grandsateliers d’horlogerie de Genève on les délaie avecde l’huile d’olive. Suivant M. Léman, on mêlequelquefois le tripoli à un tiers de soufre , et onl’étend sur un cuir pour s’en servir. Il sert enfindans certains cas, à former des moules pour lafonte des médailles.
Le nom de tripoli vient, dit-on, de la ville deTripoli en Syrie , ou de la république de Tripolien Afrique , d’où l’on aurait tiré cette substancedans l’origine.