LIVRE VIII. CHAR. CXII. 229
plus raisonnables, parce que leurs circonstancesgéognostiques ont ètè tellement changées, et jedirais presque masquées par les événemens arri-vés dans un long cours de siècles, qu’il est né-cessaire d’apporter l’attention la plus réfléchie ,et d’avoir l’esprit dégagé de toute prévention,pour reconnoître leur origine et la manière dontelles ont été formées. La détermination de cesroches forme aujourd’hui un des points les pluscontroversé* dans la géologie ; et comme la plusfameuse de ces mêmes roches est le basalte, cesera par lui que commencera notre examen.
§ 684. La première question qui se présente yconsiste à savoir si la roche à laquelle les litho-logues modernes ont donné le nom de basalte,est la même que celle qui a été indiquée souscette dénomination par les anciens , et spéciale-ment par Pline ; ou si elle est du moins uneroche analogue (*). On peut lire ce que Fortis
(1) M/ Thomas Hare croit que le mot basalte a été substituéà celui de lasilta , terme dérivé de basilica ( maison royale ) ;et comme dans les édifices royaux , il y a toujours des colonneset des pilastres, il pense qu’on donna le nom de basiltn à unepierre ordinairement configurée en colonnes prismatiques quiimitent les pilastres. Si l’on voulait faire des recherches étymo-logiques sur ce point d’érudition lithologique , il me paroit qu’onne devrait pas négliger celle du célèbre Caluso, secrétaire del’Académie royale de Turin. Ce savant d’une immense érudition,comme l’a appelé Dolomieu, et qui avait une connoissance très-étendue des langues orientales , ayant cherché la racine du mot