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Suite du recueil de planches, sur les sciences, les arts liberaux et les arts méchaniques / [Diderot]
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dement & avoir abandonné le pie du foursur une fi grande hauteur, quil y auroitde linconvénient à en retirer toute lachaux qui se trouve refroidie. Alors lapremiere qui est encore enflammée , Rap-prochant fort près de lorifice inférieur le tirage de lair froid fait son impul-sion la plus violente, seroit aussi troptôt abandonnée par le feu ; la houillequi 1 accompagne seroit consumée tropvîte : le feu continuant à monter rapi-dement , une grande partis de la pierrene seroit pas bien calcinée , comme ilarrive aux premieres que l'on tire de cefour. Le chaufournier qui connoít le pro-duit ordinaire de son four , & les accidensde lair, nen retire donc alors que cequi leur est proportionné , & a foin demouiller fa houille , si le feu va tropvîte.

Le vide que laisse au sommet du fourla chaux tiré par les gueules , se remplitaustì-tót par de nouvelles charges & char-bonnées ; mais il faut en réparer aupara-vant la surface inégale. II y jette dabordune charbonnée ; puis il enfonce fa lancede quelques pies le long des parois dufour , & en la saisissant par son œil , ils'en sert comme dun levier avec lequelil sait effort contre le bord du four poursoulever & retourner les pierres, qui parce mçyen se rapprochent de saxe &recomblent lencuvement qui sy étoitformé. Ces efforts de la lance exigent unpoint dappui solide aux bords de lenton-noir qui doit avoir été , par cette raison ,couronné de bonnes & sortes pierres,pour nétre pas détruit en peu de jours.II fait la même manœuvre tout autour,& rejette même vers saxe avec une pelleles pierres de la bordure,, pour réformer

A T 1 O N S.

le bombage au lieu dencuvement ; aprèsquoi il répete la charbonnée , & les chargesde pierres alternatives jusquau sommet dufour , comme le premier jour.

Lorsque le temps est calme , & par-la très-favorable à légalité de la calcina-tion dans toutes les parties du four , lefeu s^évase davantage , & se déclare en-core plutôt aux bords que vers saxe dufour : alors , au lieu de bombage , oncharge les bords de quelques pouces plushaut que le milieu.

Depuis le moment son tire la pre-miere chaux , ce sont toujours les mêmesmouvemens à recommencer, tant que lefour reste allumé; c'est-à-dire, tant quedure la consommation de la chaux, quelon soutire journellement, à mesure quellese fabrique , comme on le pratique auxfourneaux son sépare les métaux deleur minéral : aussi les chaufourniers ap-pellent-ils ces fours à chaux, fours coulans.On voit que lopération a pour but ici,comme dans les fourneaux à briques, defaire séjourner un certain degré de cha-leur dans chaque partie du four pendantun temps suffisant; & quil faut que lefeu par son intensité, ou par fa durée ,soit proportionné à la résistance de lapierre qui sc calcine plus ou moins facile-ment , scion son volume & fa dureté îque le chaufournier a souvent à vaincreles obstacles des vents , de la pluie, &même de la houille , qui tendent tous àdéranger s équilibre nécessaire d«ns sonfour. Cest à quoi sont relatifs tous cesprocédés, qui sont les mêmes , ou à peuprès , pour tous les fours que jai vus dece genre , & dont je ne détaillerai pas lespetites différences.

Du