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dement & avoir abandonné le pie du foursur une fi grande hauteur, qu’il y auroitde l’inconvénient à en retirer toute lachaux qui se trouve refroidie. Alors lapremiere qui est encore enflammée , Rap-prochant fort près de l’orifice inférieuroù le tirage de l’air froid fait son impul-sion la plus violente, seroit aussi troptôt abandonnée par le feu ; la houillequi 1 accompagne seroit consumée tropvîte : le feu continuant à monter rapi-dement , une grande partis de la pierrene seroit pas bien calcinée , comme ilarrive aux premieres que l'on tire de cefour. Le chaufournier qui connoít le pro-duit ordinaire de son four , & les accidensde l’air, n’en retire donc alors que cequi leur est proportionné , & a foin demouiller fa houille , si le feu va tropvîte.
Le vide que laisse au sommet du fourla chaux tiré par les gueules , se remplitaustì-tót par de nouvelles charges & char-bonnées ; mais il faut en réparer aupara-vant la surface inégale. II y jette d’abordune charbonnée ; puis il enfonce fa lancede quelques pies le long des parois dufour , & en la saisissant par son œil , ils'en sert comme d’un levier avec lequelil sait effort contre le bord du four poursoulever & retourner les pierres, qui parce mçyen se rapprochent de saxe &recomblent l’encuvement qui s’y étoitformé. Ces efforts de la lance exigent unpoint d’appui solide aux bords de l’enton-noir qui doit avoir été , par cette raison ,couronné de bonnes & sortes pierres,pour n’étre pas détruit en peu de jours.II fait la même manœuvre tout autour,&• rejette même vers saxe avec une pelleles pierres de la bordure,, pour réformer
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le bombage au lieu d’encuvement ; aprèsquoi il répete la charbonnée , & les chargesde pierres alternatives jusqu’au sommet dufour , comme le premier jour.
Lorsque le temps est calme , & par-la très-favorable à l’égalité de la calcina-tion dans toutes les parties du four , lefeu s^évase davantage , & se déclare en-core plutôt aux bords que vers saxe dufour : alors , au lieu de bombage , oncharge les bords de quelques pouces plushaut que le milieu.
Depuis le moment où son tire la pre-miere chaux , ce sont toujours les mêmesmouvemens à recommencer, tant que lefour reste allumé; c'est-à-dire, tant quedure la consommation de la chaux, quel’on soutire journellement, à mesure qu’ellese fabrique , comme on le pratique auxfourneaux où son sépare les métaux deleur minéral : aussi les chaufourniers ap-pellent-ils ces fours à chaux, fours coulans.On voit que l’opération a pour but ici,comme dans les fourneaux à briques, defaire séjourner un certain degré de cha-leur dans chaque partie du four pendantun temps suffisant; & qu’il faut que lefeu par son intensité, ou par fa durée ,soit proportionné à la résistance de lapierre qui sc calcine plus ou moins facile-ment , scion son volume & fa dureté îque le chaufournier a souvent à vaincreles obstacles des vents , de la pluie, &même de la houille , qui tendent tous àdéranger s équilibre nécessaire d«ns sonfour. C’est à quoi sont relatifs tous cesprocédés, qui sont les mêmes , ou à peuprès , pour tous les fours que j’ai vus dece genre , & dont je ne détaillerai pas lespetites différences.
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