CHAUFOURNIER.
Du chommage de ces fours allumes.Dans le cas d’une exploitation ordinaire,on ne travaille à ces fours à chaux, nila nuit, ni les dimanches & fêtes. Onen tire tous les jours la chaux , le matin& le soir, & quand le four est rechargé ,il n’y a plus rien à y faire. Mais lorsquel’on doit passer un jour entier sans entirer , il faut disposer le four , de façonà empêcher le feu de monter auílì vitequ'à l’ordinaire. Cette précaution consisteà jeter au centre de sa surface une char-bonnée de deux ou trois pouces d épais-seur & de deux pies de diamètre , quele chaufournier entasse en la piétinant ,quelquefois en la mouillant, & qu il recou-vre d’un lit de même épaisseur, formédes plus menus éclats de pierres : ensuiteil ferme toutes les gueules du four. L’an-cien chaufournier , dont j ai parle , m adit à cette occasion , qu’ayant été obligéquelquefois de suspendre son travail , soitpour attendre de la pierre à chaux oude la houille, dont il manquoit, soit parquelqu’autre raison , il avoir ralenti sonfeu , au point d’être douze jours entiersfans toucher au four , & fans autre acci-dent que d’avoir tout au plus quelquespiés cubes de pierres mal calcinées. IIfaut alors fermer de même les gueules dufour, & faire fur le total de fa surface,ce que l’on fait seulement autour de Taxepour le chommage d’un seul four ; c’est-à-dire , ne laisser subsister pour le feu , que lemoins d’évaporation possible fans î’éteindre.
Lorsque les barreaux volans du grillageau pied du four ont été une fois enlevéspour l’extrastion de la chaux, il n’est plusnécessaire de réformer ce grillage , quetous les huit ou quinze jours , pour net-toyer le cendrier : hors ce cas , la chaux
porte fur le fond du cendrier fans aucuninconvénient. Quand il faut remettre cesbarreaux en place, le chaufournier leschasse à coup de masse à travers la chauxpar une des gueules, jusqu’à ce qu’il lesait assez enfoncés, pour être fur qu’ilsporteront fur la traverse E de l’orisicedu four , ou jusqu’à ce qu’ils sortent par-la gueule opposée , fig. 5 , même planche ,& dès qu’il a nettoyé le cendrier , ilarrache de nouveau ces barreaux. Ceeusage est meilleur que celui de construire ,comme à Vaîenciennes & ailleurs , ungrillage dormant, qui gêne souvent lachute de la chaux, plie sous le fardeaudes pierres, & occasionne des dégradationsau four.
De la cendrée. Le cendrier s’engorgede temps en temps par les cendres de lahouille qui s’y amassent , fur - tout dansles intervalles entre les gueules , & em-pêchent la chute de la chaux. Le chau-fournier met soigneusement ces cendres àpart : elles sont mêlées de beaucoup demenus morceaux de chaux , qui avec lessels fixes de la houille , le rendent propresà faire un excellent mortier suffisammentconnu sous le nom de cendrée. Commeon ne veut point en perdre , on se sertaux grands fours d’une pelle percée detrous à passer le bout du doigt, pour tirerla chaux du four , & on en fait tombertoute la cendrée sor un tas particulier,avant de mettre la chaux dans les mannespour la transporter. Cette cendrée est, estimée pour enduire les citernes, lescaves , Ùc. même quoiqu'elle proviennede fours où la chaux faite de pierresblanches est de peu de qualité, au lieuque les cendres des fours à chaux où l’onont été reconnues ne çien
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brûle du boisTome III. ( Planches du Dicí, rais. des Ans. )