C H A U F o
âe pierres , ponr que rien ne languisse.Trois hommes suffisent en tout pour unpetit four bourgeois.
Consommation de la houille pour cesfours. La proportion réduite entre lapierre dure & la houille nécessaire pourla convertir en chaux, me paroît être de60 à 65 pies cubes de houille par toisecube de pierres du toisé des carrières 1Malgré l’obscurité que tous les chaufour-niers tâchent de répandre fur cette con-sommation , j’ai reconnu que certainespierres exigeoient jusqu’au tiers de leurcube d’une méme houille, dont d'autrespierres ne demandoient qu’un sixième ,quoique ces deux extrémités m’aient parurares. Dans les houillères du pays de Liege& du Hainaut, on distingue deux qualitésde houille, dont la moindre se nommehouille à chaux Ù à briques : mais diffé-rentes épreuves me font penser que lahouille la plus active n’est pas dangereuseau succès de la chaux comme elle Test dansles fourneaux à briques. Les essais de faqualité peuvent se faire d’autant plus sûre-ment dans chaque province par les chaufour-niers , qu’il me paroît n’y avoir rien à crain-dre dans ce four de la part d'un excès defeux , comme on le verra plus bas.
Ve la dépense pourfabriquer la chaux dans ces fours.Les prix courans en 1765 , aux fours à chauxdu Boulonnois , font :
Pour une toise cube de pierre tirée
de la carrière , . .4 liv. 10 s.
Pour la briser en éclats, . .6 liv.
Pour la brouetter au four,. .1 liv.
Pour 66 piés cubes au plus de
houille , â 7 fols , . .13 liv. % f.
Pour la main-d’ceuvre de la calci-
nation , . . . .9 liv.
Total pourune toise cube de pierres
calcinées. . . . .43 liv. iz f.
U R N I E R. 2 T
En supposant qu’elle ne produisît quezoo piés cubes de bonne chaux tirée, ellereviendroit à 4 fols le pie cube.
Cette chaux fabriquée à Graveíines,Dunkerque & Lergues, avec les mêmesmatières, y coûte environ 10 fous le piscube, fans y comprendre la constructionou le loyer des fours; 6c comme les boisn'y sont pas au dessous de 3 5 livres lacorde, mais souvent plus chers , elle yreviendroit au moins à zo fous le pié,si on la fabriquoit à la grande flamme.
Charge & conduite de ces fours en pierrestendres.
Si c’est en pierres tendres que l'on chargeces fours f on peut en général les calcineren plus gros morceaux que la pierre dure ,& faire les charges plus épaisses. II serencontre des carrières dont la pierre ,quoique tendre, résiste beaucoup à lacalcination , lorsqu’elle est restée long-temps à l’air , & sur-tout au soleil. Leschaufourniers , bien moins curieux desavoir si la chaux n’en seroit pas meilleureque d’y dépenser moins de houille , ontsoin de la mettre au four tout le plutôtqu’ils peuvent après son extraction de lacarrière ; ou bien ils l’arrofent, ainsi quele charbon , s’ils ont été obligés de lalaisser sécher. Ces fours chargés en pierrestendres , débitent davantage , consom-ment moins de houille par rapport auvolume de la pierre , & exigent moins demonde pour leur service.
Leur rendage. Le moins que l’on entire en vingt - quatre heures , va à lamoitié de leur charge. J’en ai suivi quel-ques-uns qui contenoient chacun 540 piéscubes , & qui rendoient régulièrement310 piés cubes de chaux vive par jour de
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