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valoir dans la bâtisse. II fort des foursà la houille à peu près une mesure decendrée contre deux mesures de chaux ;& elle fe vend en plusieurs endroits , aumoins moitié du prix de la chaux.
Des déchets fur la chaux de ces fours.Les chaufourniers domestiques , qui netravaillent pas pour vendre la chaux ,ont encore foin de trier, au sortir du four,tous les morceaux qui contiennent de lapierre non calcinée ; l’habitude la leurfait connoitre à l’ocil , & jamais ils nes’y méprennent au poids. Ils les amassentauprès du four , les arrosent d’un peud'eau , & en retirent tous les noyaux pourles remettre au four. La plupart d’entreeux rejettent aussi comme déchet, lesroches du four, qu’ils appellent la chauxbrûlée. Dans la chaux qui fe vend , onlaisse toutes ces non-valeurs, ainsi quecelles dont le fabricant même auroit peineà fe garantir , qui font les veines debousin , ou autres matières non - calci-nables , qui font souvent mêlées avec lapierre, & qu’il feroit quelquefois tropcoûteux d’en vouloir séparer.
Par ce moyen , il n’y a pas de déchetpour les chaufourniers , marchands fur lapierre dure qu’ils convertissent en chaux :la toise de cette pierre leur rend au moinsune toise de chaux en menus morceaux.Le déchet tombe en entier fur les gensqui l’achetent, & est proportionné à labonne foi du chaufournier qui peut y avoirépargné plus ou moins la houille & fesfoins. Quand on la fait faire fous ses yeuxfur les carrières , en choisissant toutespierres vives & bien nettes, & avec uneéconomie bien entendue , il n'y a nonplus aucun déchet : par - tout ailleurs ,& en gaffant par les mains de commis ,£
U K NIER.
on doit compter fur une diminution de lapierre, que j’estime d’un vingtième à unquinzième fur toutes les efpeces de pierresdures que j'ai voulu calciner.
Du rendage , ou produit de ces foursen chaux. Lorfqu’un tel four est bienallumé , que la houille est égale ou homo-gène , & de bonne qualité, il peut, parun temps favorable, produire chaque jour, en chaux de pierre, dure jusqu’à la moitiéde la pierre dont il est chargé : quelquefoisson produit ne va qu’au tiers ; & si lahouille est de peu de force , il rend encoremoins. Un four de 600 piés cubes peutdonc fournir communément 1610 piéscubes de chaux par semaine de six joursde travail , & expédie beaucoup plusqu’aucun de ceux à grande flamme.
J’ai remarqué que les fours coniquesdu pays de Liege , dont l’entonnoir aordinairement quarante à quarante-cinqpouces de diamètre par le bas, consom-ment plus de houille que ceux de laFlandre, & ne rendent par jour, réduc-tion faite , qu’un cinquième de ce qu’ilscontiennent. Cette observation , jointe àla nécessité fréquente de gouverner letirage ou courant d'air du four, me faitcroire qu'ils font mieux construits lorsquecet orifice inférieur n’a qu’environ vingt-quatre pouces de diamètre.
Des hommes nécessaires à ces fours.Un seul chaufournier , avec douze ouquinze hommes , peut conduire à la foistrois de ces plus grands fours, dont ilne fait que les charbonnées , & com-mande toutes les autres manœuvres ;mais il faut que la pierre ait été toutebrisée, ou qu’il y occupe encore douzeou quinze enfans , & il lui faut fur chaqueour au moinst oo mannes toujours pleines