COUVREUR:
He charpente groffiere s’exécute par lesmêmes ouvriers qui entreprennent la cou-verture de chaume.
La charpente étant établie, le couvreurjavelle le chaume : il se sert pour celad’une faucille qu’il tient de la main droite;il prend au meulon une petite braisée dechaume , qu’il secoue à terre pour fairetomber peu à peu les brins , & les égaler ;il donne toutes ses secousses dans un mémesens, & arrange les brins de chaume àpeu près parallèlement les uns aux autres.S’il arrive qu’il laisse tomber quelquepoignée un peu grosse qui ne s’arrangepas bien, il la reprend & la divise avecla pointe de sa faucille pour en mieuxarranger les brins ; ensuite il reprend autas de nouveau chaume ; il l’arrange dela même façon ; & quand il a formédevant lui un tas d’environ trois ou quatrepies de longueur , fur un pie d’épaisseur& deux pies de largeur , il fourre sessabots fous la longueur du petit tas , &prend par petites parties le chaume qu’ilvient d’arranger ; il les appuie avec sesmains fur le devant de ses jambes; illes peigne grossièrement avec ses doigts;il en presse les brins les uns contre lesautres ; il arrache avec ses mains les paillesqui débordent, & qui ne font pas bienengagées avec le reste ; il frappe du platde la main fur la portion qu’il a arrangée,& il forme ainsi ce qu’on nomme unejavelle de chaume , c’est-à-dire , un petittas dont les brins font fort rapprochés lesuns des autres , & qui forment un toutd’une consistance suffisante , ensuite illeve cette javelle , & il la pose dans unlieu propre sur un lien de paille : aprèsquoi il forme une seconde javelle commeil a fait la premiere, & il lie ces deux
javelles ensemble avec le méme lien depaille , afin de pouvoir les monter com-modément furie toit. Quand l’ouvrier aformé deux , trois ou quatre cents bottesde javelles , il commence la couverturedu toit en s’y prenant de la maniéré queje vais l’exp'iquer. J’obferve ici qu’il n’estpas possible de bien javeler du chaume sec,parce qu’il est trop roide , & qu’il serompt au lieu de s’arranger : on ne peutpas non plus faire une bonne couvertureavec des javelles trop seches , ce quioblige de les mouiller auparavant, fansquoi cette paille se romproit ; ainsi quandil fait du hâle, il faut arroser le chaumeavant de le javeler y & il faut encoremouiller les javelles avant de les mettreen place : cette opération augmente unpeu les frais de l’ouvrage.
Le couvreur commence par formerl’égout du toit ; & pour y parvenir ilchoisit le chaume de meilleure qualité ,& en forme des javelles, d’environ quatrepiés de longueur ; il lie une de ces grandesjavelles au quart de fa longueur ; parun enlacement d’osier long , a b , figure t ,planche I du Couvreur , il en appointât legros bout b y & il tortille le bout menua , & y fait une boucle ; il pique cet osierdans la javelle de a en b , figure z ilen entoure la portion a , b ; il passe en-suite l’osier dans la bouche b aprèsquoi il ferre fortement la premiere por-tion a, b de la javelle ; puis il piquel’osier en c ,• il le pique encore par ledessous en d : enfin en le faisant revenirsur le bord e , il serre fortement la por-tion e , d, comme il l’a pratiqué à l’au-*tre bord de la javelle a , b ; en faisantde même à l’autre bout de la javelle ,elle se trouve liée aux deux bouts, comme