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Suite du recueil de planches, sur les sciences, les arts liberaux et les arts méchaniques / [Diderot]
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$8 A R T M I L

PLANCHE III.

Fig. i. Machine pour forer les canonsde fusil de munition.

Fig. 2 . Epreuve des canons de fusil demunition.

PLANCHE IV.

Fusil de munition , avec toutes lespieces qui le composent ; lavoir, uncanon , une baguette , une plaque decouche, une détente , une piece de dé-tente , une sous-garde , deux grenadieres ,un embouchoir , une capucine , unecontre-platine , un porte - vis , Sc uneplatine.

De toutes les pieces qui entrent dansla composition du fusil , la plus impor-tante est le canon : sil creve , il estropie ,il tue linfortuné qui sen fervoit avecconfiance & les malheureux qui fe trou-vent à portée Sc dans la direction deséclats qui sen détachent. On ne peutdonc apporter trop de soin à la compo-sition & à la fabrication de la maquettequi doit produire le canon.

La baguette du sufil de munition( Voye\ pi. I V. fig. A. ) est dacier ,depuis lextrémité qui est taraudée , pourrecevoir un tire-bourre , jusquà la têtequon fait de fer à dessein ; si cette têteétoit dacier , elle gâteroit en peu detemps & refoulerait le bouton de laculasse qui est de fer, & fur lequel elleest poussée fréquemment & avec violence,lorsque le soldat fait lexercice : il pour-rait d'ailleurs , en campagne , fe trouverquelque petit gravier dans le canon qui ,assaut feu , si la tête de la baguettefêtoîC dacier , pourrait le commu-

I T A I R E.

niquer à la charge & occasionner desaccidens.

La baguette est trempée & recuite :on lui fait subir des épreuves violentes :il faut quelle plie fur les quatre facesou alternativement , quatre fois en senscontraire, en sorte quelle fasse à chaquefois un arc dont la fléché ait huit àneuf pouces , & quelle se rétablisse par-faitement droite ; si la trempe en estseche , elle caíferera à cette épreuve,ou bientôt après à lin léger effort : sila trempe est molle, elle pliera & resteracourbée ; lart consisterait à saisir unjuste milieu , entre ces deux extrémités.Une trempe un peu molle me paraîtcependant toujours préférable: la baguette,à la vérité , pourrait fe fausser , mais onla redresserait aisément , an lieu que,lorsquelle est cassée, le soldat ne peutplus faire usage de son sufil.

La plaque de couche ( Voye\ fig. B }doit être forte & épaisse , car cettepiece fatigue beaucoup lorsque le soldat ,dans les exercices , sappuie brusquementsur la crosse du sufil .- la plaque estrcontenue par deux vis en bois , 1 unedessus & lautre fous la crosse

La piece de détente est une petiteplaque de fer ( Voye\ fig. C. ) percéedune mortaise par passe la détente,( Voye-{ fig. N. ) qui va rencontrer lagâchette en dedans du bois du sufil. Enpressant la détente avec le doigt , elleappuie fur la gâchette , laquelle pres-sant à son tour le ressort qui la conte-noit , son bec fort du cran du bandé& le chien sabat fur la batterie. Ladétente est percée pour donner pastageà une goupille qui la fixe à fa place &fur laquelle elle tourne. Lextrémité ar~