xxx P R E' F A C E.
vû, asin qu on fût en état de juger du degré de confiancequ on pouvoit avoir dans mes observations ; qu’on fût enétat de juger íì je ne m’en étois pas faiífé imposer par desapparences, & qu’on fût en état de revoir après moi.Pour ne m’en fier pas à moi-même au de-ià de ce que jele devois, j’ai consulté les Sçavans les plus célébrés desdifférentes parties de i’Europe, avec lesquels j’ai l’avantaged’être en relation. J’aurois à me plaindre de leur excèsde politesse, íì, malgré les instances sincères que je leur aifaites dans les termes les plus forts,de me redresser, ilseussent tous concouru à me laisser croire que je ne pou-vois mieux faire, que de ne me point écarter de la méthodeque j’ai suivie dans le premier volume, dans les volumesque j’aurois à faire paroître successivement.
D’ailíeurs, la maniéré obligeante dont ces Sçavansétrangers, aux désirs & aux vûes defquels je me fais gloirede déférer, cette maniéré obligeante, dis-je, dont ils m’onttémoigné souhaiter que je suivisse, fans interruption, unouvrage qui manquoit à la plus étendue des parties del’histoire naturelle, n’a pas peu aidé à me foûtenir contreles dégoûts qui peuvent être à craindre dans toute carrièrelongue à parcourir. Je ferois pourtant trop peu sensibleà la reconnoissance, si je laissois ignorer que je n’ai pas eubesoin d’attendre du dehors du Royaume, les encourage-mens les plus propres à ranimer l’ardeur,& à la renouveller.De tels encouragemensnefçauroient manquer aujourd’huien France, à ceux qui travaillent avec zélé aux progrès desSciences. Nous ne pourrions, fans ingratitude,oublier cestemps où l’immortel Colbert sit pour les Sciences ce quele Cardinal de Richelieu avoit frit pour fa Langue Fran-çoise; ni des temps plus récents, où un Régent, à quitoutes les Sciences étoient si familières & si chères leurdonnoit la protection la plus éclatante. Sans pourtant avoir