,62 Mémoires pour l’Histoire
La plus remarquable des différences qu’on peut obser-ver entre ces vers, & la plus propre à nous frapper, estcelle des conformations de leurs têtes. Plusieurs ont destêtes qu’on a peine à reconnoître pour ce qu’elles font;elles ne nous offrent rien de ce que les têtes ordinairesnous montrent. Nous sommes accoutumés à voir unefigure constante à la tête des animaux qui nous font lesplus familiers, une figure qui ne peut être altérée, aumoins considérablement, fans que ï animal périsse ; Sc noustrouvons à quantité d’especes de vers * qui deviennent des10 mouches, des têtes dont la figure est étonnamment varia-ble, des têtes qui font tantôt plus, 6c tantôt moins lon-gues , tantôt plus & tantôt moins applaties, tantôt plus Sctantôt moins raccourcies, qui font contournées tantôtdans un sens, & tantôt dans le sens opposé. Noi| seulementces têtes font charnues, mais elles font faites de chairs très-fíexibíes. Les boètes oiseuses ou comme osseuses, nécessai-res Sc employées par la nature pour défendre le cerveaude tant d’autres animaux, font donc inutiles au cerveaude ceux-ci ; le leur ne craint point de changer de forme.Mais les vers dont nous parlons ont-ils un cerveau î il n’ya pas lieu d’en douter, quoiqu il ne soit pas aisé de mettreen évidence les parties qui le composent ; on ne pourroitnier sa réalité sans admettre une merveille encore plusgrande que celle qu’on a peine à recevoir. Enfin on n epeut s’empêcher de regarder comme la tête d’un animal tîa partie antérieure auprès de laquelle se trouvent les orga-nes nécessaires pour prendre les alimens,& les faire pastel*dans le corps ; auprès de laquelle se trouve une sorte debouche, Sc des accompagnemens qui lui conviennent.
Si parmi les vers qui doivent devenir des mouches ry en a beaucoup d’eípeces dont les têtes molles petivcu^changer de figure au gré de l’insecte, comme diy^*