3 60 MEMOIRES POUR L’HlSTOIREj appliquai un morceau de bœuf très-mince, ót dont lindes côtés fourmilion de vers nés depuis vingt-quatre outrente six heures, & je Rappliquai par Je côté qui en four-milion le pins. A peine ce morceau de viande eût-ii pûdonner aisés de nourriture à tant de vers pendant quelquesheures, mais je les avois mis à même d’une chair plus déli-cate, puiíqinls étoient entre le morceau de bœuf & lacuisse du pigeon. J’eus foin de contenir le morceau deviande avec de la gaze, qui l’arrêtoit fans le gêner, 6c jemis le pigeon hors d’état de se donner aucun mouve-ment en lui liant les ailes 6c les jambes. Les vers ne fu-rent pas long temps à me montrer que je les avois placésoù ilsnaimoientpas à être; la plupart se tirèrent les unsaprès les autres de dessous le morceau de bœuf, il n y enrelia que quelques-uns qui y périrent; 6c probablementceux-ci ne périrent que par la chaleur quìls avoient souf-ferte,dont le degré étoit supérieur à celui qu’ils peuventsoutenir.
Je fis une seconde expérience sur le même pigeon ;j’enlevai la peau de sà cuisse, je découvris fa chair, 6cj'appliquai immédiatement dessus, le côté d un autre mor-ceau de bœuf plein de vers; je fis même passer plusieursvers entre la peau soulevée du pigeon 6c la chair, lotisces derniers vers íè trouvèrent encore plus mal à leur aiseque les premiers; peu parvinrent à se tirer de dessus lachair du pigeon, tous les autres y restèrent 6c y furentprivés de la vie en moins d’une heure. Un degré de chaleurque nous verrons ailleurs être nécessaire à certaines eipecesde vers, qui dans l’institution de la nature doivent vivredans sintérieur des animaux vivans, est donc funeste avxeipeces de vers auxqueîs la nature a assgné pour alimensles chairs des animaux morts. Si on nous rapporte desobservations de playes mal pansées où on a trouvé desyers, c est peut-être que les chairs de ces playes etoient