4o6 MEMOIRES POUR L’HlSTOIRE
insisté sur cette question proposée par Redi, que parceque j’ai connu des observateurs qui ayant vû faire desvers vivans à des mouches qu’ils tenoient entre leursdoigts, s’étoient imaginés que si la même mouche eûtété libre, elle eût fait des œufs; ils croyoient que la pontelin peu retardée & que les mouvemens violens que la mou-che s’étoit donnés, avoient été cause que les petits étoientnés dans son corps. Mais apparemment qu’on n'a pasplus vû de mouches ovipares qui ayent mis au jour desvers vivans, qu’on a vû de poules qui ayent pondu despoulets au lieu d’œufs.
Les efpeces de mouches à deux ailes qui font vivipa-res, font bien moins communes que celles qui font ovi-pares , & les eípeces vivipares sont encore plus rares parmiles mouches à quatre ailes. Je ne me rappelle actuelle-ment , & je ne crois connoître de celles-ci que les puce-rons ailés qui le soient, & j’ai observé six à íèpt eljiccesde mouches à deux ailes qui font des vers vivans. Rayen a aussi observé de ces dernières. Mais je fuis persoadéqu’on en découvrira beaucoup plus d’efpeces viviparesdans cette classe, si on apporte à les chercher quelquesattentions que j’ai négligé d’avoir pendant long temps.Le nombre des efpeces de mouches vivipares, fut-il égalà celui des efpeces de mouches ovipares, on en connoî-troit moins des premières que des autres; on voit fur dela viande, fur des excrémens de différens animaux, & furdes plantes, les œufs que des mouches y ont laissés ; n’eût-on pas vû pondre la mouche, on peut par la fuite con-noître son eíjaece, si on observe les vers sortis des œufsjufqu’après leur dernière transformation. Mais lorfqu’on atrouvé simplement des vers dans les matières dont nousvenons de parler, quoiqu’on voye par la fuite la mou-che dans laquelle chacun deux s’est métamorphosé, on