420 MEMOIRES POUR l’HíSTOIREs y tiennent pendant un temps dont j’ignore la durée,avant que de chercher & de rencontrer la porte qui lesdoit conduire à voir le grand jour, à naître pour la secondefois. Voici ce qui me la persuadé. Après avoir pris desmouches grises des deux premières especes que nous avonsdécrites, & qui avoient le ventre très-renfié, souvent je lesai tenues entre mes doigts fans que je leur visse mettre desvers au jour, & même fans que la pression des doigts en dé-terminât à sortir du corps. Je me promenois de voir la ma-trice de ces mouches bien conditionnée, lorsque j’auroismis leurs parties intérieures à découvert ; cependant il m’esssouvent arrivé que dès qu’un coup de cizeau avoit fait uneouverture à un des côtés dune des mouches, je la fai-sois accoucher par une opération équivalente à la cé-sarienne. Dans í’instant même, des vers se préíèntoientà i ouverture, & en profitoient pour sortir; quelquefoisil n’en est sorti que cinq à six par cette ouverture, 6cquelquefois plusieurs douzaines en font sorties.
Ces observations ne pouvoient manquer de faire naî-tre la curiosité de sçavoir comment les vers déja nés, ouau moins sortis de la matrice, étoient arrangés dans lecorps de leur mere, s’ils y avoient encore quelques enve-loppes. Pour y parvenir, aussi-tôt que j’avois vû un veríe présenter à 1 ouverture que le premier coup de cizeauavoit faite, je me hâtois de couper tout le contour ducorps, & d’enleverles tégumens du ventre. J'ai vû plusieursfois que la capacité du corps que j’avois mise si vîte à dé-couvert, étoit remplie de vers qui n’avoient aucune en-veloppe , 6c qui étoient arrangés aussi irrégulièrementqu’il étoit possible. Les uns étoient simplement couchésíur les autres, d’autres étoient entrelassés ensemble; la têtedes uns étoit tournée vers la partie antérieure de la mou-che , la tête des autres letoit vers la partie postérieure. Tous