424 MEMOIRES POUR L’HlSTOIREchamp. Ces vers n’avoient donc fait aucune tentativepour sortir, depuis que la porte qui auroit dû le leur per-mettre , avoit été bouchée. II auroit été curieux de pouf*fer 1 expérience jusqu’au temps nécessaire pour les fairepérir dans le corps de la mere, & je croyois qu’il avoitsuffi pour cela qu’ils y eussent été retenus deux jours &demi après fa mort; à présent que je suis mieux instruit,lorsque j’aurai occaíìon de répeter la même expérience,j'ouvrirai encore plus tard le corps de la mouche.
II est pourtant vrai qu’il arrive de grands dérangemensdans le corps de la mouche vivipare lorsque les petitsnaissent. On ne peut guéres donner d’autre nom quecelui de matrice, à cette partie dans laquelle tous les em-bryons sont arrangés : aimât-on à lui en donner un autre;on ne pourroit s'empêcher de la regarder comme unepartie de la mouche tics-considérable en elle-même, orcette partie est détruite dans le temps que les vers nais-sent. Nous avons vu quelquefois ceux qui sortoient enemporter avec eux des lambeaux, & nous avons trouvéde ces lambeaux dans le corps des mouches même. Maisun animal qui n’esl fait pour mettre au jour des petitsqu’une sois dans fa vie, n'a pas besoin d’avoir une ma-trice qui subsiste après une portée. Enfin nous ne devonsplus être étonnés de voir que des parties très-considéra-bles soient détruites dans les insectes, lorsque le tempsvient où elles leur sont inutiles, si nous nous rappelionstoutes les parties que perdent à chaque transformation,ceux qui se métamorphosent plusieurs fois dans le coursde leur vie.
Nous devions nous attendre à trouver des différences#comme nous en avons trouvé entre la forme des partiesoù les œufs des mouches ovipares sont contenus, Sc laforme des parties où sont contenus les vers des mouches