xïviij PREFACE.
à ceux que nous avons donnés dans le quatrième volumefur l’histoire des mouches à deux ailes : ii nous apprend lamaniéré singulière dont naît une mouche de leur claíïe,de médiocre grandeur, connue de ceux qui aiment leschevaux ; elle est de celles qui les tourmentent le plus.On Tappelle en quelques cantons de la France, moucheBretonne, & dans d autres, mouche d’Eípagne ; mais eniui imposant le nom de mouche araignée j’ai voulu luien donner un qui rappellât l’imagedeson corps applati,comme ì’est celui des araignées de quelques efpeces: il aplus de consistance que celui des mouches ordinaires, lesdoigts ont peine à f écraser. Mais ce n'est pas par fa formeque cette mouche mérite notre attention, c est par sitfaçon de naître qui asiurément tient du prodige. S’il y aune loi de la Nature qu’on eût crue hors de toute excep-tion, c est celle qui veut que fanimal naissant ait à croî-tre, qu’il soit plus petit que pere & mere. Si quelqu’unau retour d’un voyage en des pays très-éloignés & peufréquentés, ofoit nous raconter qu il a vû un grand oiseau,tine poule, par exemple, dune certaine eíjpece, qui pondun oeuf d’une grosseur démesurée , duquel fort un pou-let, qui dès í’inslant qu’il est hors de la coque, n’a plusà croître, parce qu’il égale fa mere en grandeur, ou mêmele coq par qui elle a été fécondée ; si quelqu’un, dis - je,oioit nous rapporter un pareil lait, croirions-nous qu’iíméritât d etre écouté ! Quand il l’attribueroit à foifeaude la plus petite efpece, à un colibri, ou à un oifeau-mouche, son récit ne nous en fembleroit pas moins fa-buleux. L’imagination ne fçauroit fe prêter à concevoirun animal qui dès le moment de fa naissance, a toute lagrandeur de son pere ou de fa mere : qu’on veuille nousle faire croire d’un éléphant, d’un colibri, ou d une mou-che, la difficulté fera par-tout la même. Ii est pourtant
très-yrai.