;8 MEMOIRES POUR L’HíSTOÏREjeuée par ies roues cies voitures & ies piecls des chevaux,il ne s’avise pas de penser qu’elles ont été mises là à dessein,sur tout lorfqu’eiles ont, comme sont ces masses de cel-lules en certains pays, une couleur de bouë ou de terresèche. Celles qui approchent plus de la couleur de lapierre ou de celle du mortier, font prises pour une mal-propreté que les maçons ont eu la négligence de laisserfur les murs.
Mais lorsqu on est dans l’habitude d’observer, & de fairedes réflexions fur cequ’on observe, on juge bien tôt parla hauteur où sont quelques-unes de ces masses, & par lesendroits où elles font posées pour la plupart, qu’eííes 11 efont pas 1 ouvrage du îiazard. On tien découvre aucunefur les murs tournés vers le Nord. Les murs exposés auMidi font ceux où on en volt le plus; & íì on en trouvefur ceux qui font tournés vers l’Est, & fur ceux qui le fontvers l’Oùest, c’est fur-tout dans des places où les unespeuvent jouir du Soleil pendant plusieurs heures aprèsqu’il est levé, & les autres pendant plusieurs heures avantqu’il se couche. Ces efpeces de plaques font des nids danslesquels des œufs ont été déposés; pour que les vers enpuissent éclorre, 6c pour que ces vers puissent dans la saisonconvenable devenir des mouches, le nid a besoin detreéchauffé par les rayons du Soleil.
Les ouvrières construisent ces nids d’une matière qui ac-quiert une dureté égale à celle de certaines pierres. Ce n estqu’avec des instruments de fer qu’on peut les briser; la lamed’un couteau en est souvent un trop foible pour cet effet.Aussi n os abeilles maçonnes se gardent bien de les attacherfur des murs enduits de quelque crefpi. L’appui de la baseferoit alors moins solide que le corps du bâtiment. J en aisouvent trouvé sur des murs de jardin ou de parc, dontles pierres n’étoient pas recouvertes de mortier. C’étoit