des Insectes. ITT. Ment. 7$
petit espace, comme íì elles ne cherchoient qu a s exer-cer. II fera souvent aisé d’y en voir quelqu’une qui voleà reculons. M. l’Abbé de Fontenu, de l’Académie desBelles-Lettres, en qui le goût d observer les phénomènesde la nature so concilie avec celui d érudition, me parlail y a quelques années du vol à reculons de ces mouchesde nos appartements, comme d’un fait qui lui avoit paruremarquable, & qui lest effectivement.
Mais pour achever de voir tout ce qui se passe entrenos deux combattantes, il arrive quelquefois qu allant ala rencontre lune de i’autre, elles se heurtent tête contretête si violemment, qu’étourdies lune & l’autre par laforce du coup réciproque, elles tombent toutes deux aterre. Quelquefois aussi dans le moment du choc, l unefaiíit l’autre avec ses jambes, ou elles se saisissent mutuel-lement; elles tombent encore alors toutes deux a terre:c est-là que se continue un combat semblable à celui dedeux athletès. M. du Hamel n’a pu observer si alors ellesne cherchoient pas réciproquement à se percer avec leuraiguillon. C’est assurément le temps de se servir de cettearme, qui porte le poison dans les playes qu’elle fait.Aussi y a-t-il apparence que nos maçonnes n oublientpas alors qu elles sont munies d’un instrument dont lescoups sont mortels; que chacune tâche de faire pénétrer lesien dans le corps de son adversaire, comme les mouches àmiel n’y manquent pas en pareil cas. Cependant les com-bats de nos maçonnes, comme ceux des mouches à miel,quoiqu acharnés & longs, se terminent souvent sans quemort s ensuive. La mouche qui est épuisée de fatigues, perdle courage en perdant les forces; elle prend son vol au loin,& ordinairement elle n’est pas poursuivie par son ennemie,qui se contente de pouvoir se mettre en possession de lacellule qui lui a été disputée. Mais si ía mouche qui a prisTome VI. K