des Insectes. III. Mem. 87Au reste, quand ia provision de pâtée a été portée dansia cellule, la mouche ne manque pas d’en sceller sefitréeavec de la terre semblable à celle quelle a mile en oeuvreauparavant.
Une maçonne d’une autre espece que la précédente,mais qui de même employé la terre, fait dans le bois desouvrages semblables à ceux que sautre fait dans la pierre :elle profite des trous quelle y trouve. J’ai été étonné dupeu de timidité d’une de ces mouches, de voir à quel pointelle étoit, pour ainsi dire, privee. La porte de ma cuisinede Charenton donne fur la cour, elle a deux battantsqui s ouvrent en dedans. La nouvelle maçonne ayantremarqué qu’il y avoit un trou qui traveríòit un des bat-tants de cette porte, il avoit servi autrefois à laisserpasserune grosse vis qui avoit tenu la serrure attachée plus basqu’eile n’étoit alors; la maçonne ayant, dis-je, remarquéce trou, jugea en devoir profiter ; elle y apporta de laterre dont elle se íèrvit pour enduire íès parois intérieures,pour remplir une partie de la capacité, óc pour rétrécirfeutrée du trou qu’elle avoit trouvée trop grande. Que lebattant de la porte fut ouvert ou qu’il fut fermé, elleentroit dans ce trou & en sortoit plusieurs fois à chaqueheure du jour ; elle n’étoit point épouvantée par le mou-vement des gens qui alloient Sc venoient dans la cuisine.Tous les domestiques se fuioient aussi un plaisir de la voir,à ne cherchoient pas à lui nuire. Je né voulus pas la pren-dre. Je ne l’eusse guéres mieux vûë, quand je l’aurois tenueà L main, que je la vis en bien des circonstances. Sa gran-deur óc fa figure étoient assés celles d’une abeille ouvrière,mais le dessus du corps avoit moins de poils; il étoit rou-geâtre & luisant. Quand elle eut rempli le trou de pâtée,elle le scella par les deux bouts. J’attendis trois semaines ouplus, ayant que de déranger f intérieur de ce nid. Lorsque