88 MEMOIRES pour l’Histoireje voulus sçavoir s’il n’avoit qu’un seul ver, & voir ce ver,il étoit trop tard, la loge étoit vuide. Le ver à qui il nefaut pas apparemment plus de temps pour parvenir à l’étatde mouche, qu’il en faut aux vers des mouches à miel,avoit passé par lès différentes métamorphoses ; & la moucheen laquelle il s’étoit transformé, avoit ouvert fa prison ,& eníìiite pris 1 essor,
Je pourrois parler de quelques autres eípeces d’abeilíesmaçonnes, plus petites que les précédentes, qui construisentde même à leurs vers, des nids d'un mortier de terre; maisce feroit s’arrêter à des faits qui n’auroient rien d’intéressant,& qu’on peut très-bien laisser ignorer. On aimera mieuxapprendre que ce sont probablement les maçonnes dequelqu’eípece, qui ont valu aux mouches à miel fhonneurqu’on leur a fait dune prévoyance & d une habileté quenous avons prouvé ailleurs qu’elíes n’ont pas. Les Anciensont assuré que les abeilles obligées de íè rendre à leur ruchepar un grand vent, avant que de prendre leur vol, ne man-quoient pas de íè lester dune petite pierre qu elles tenoiententre leurs pattes. Qn nous a transmis un grand nombrede faits faux qui n’avoient pas eu un fondement si vrai-semblable. Quelqu’un qui aura observé une maçonne dansl’instant qu elle se chargeoit de gravier, & qui aura ignoréà quelle intention elle le faisoit, aura cru le deviner enimaginant que c’étoit pour courir moins le risque cletrele jouet du vent. Si cette maçonne a été en gros semblableà une mouche à miel, c’en aura été assés pour attribuer auxmouches de cette derniere espece, une industrie qui n estpas du nombre de celles qui les rendent réellement sidignes de notre admiration.
EXPLICATION