94 MEMOIRES POUR L’HlSTOIREles sables coupés presqu’à pic, & qui s’élevent au-dessusdes chemins dont la pente a été adoucie, offrent íòuventdes milliers de trous ouverts par les unes ou par les autres.On en trouve aufíì quelquefois fur les bords de certainsfossés. Enfin, il est aisés ordinaire à diverses efpecesd’a-beilles de percer la terre employée à la campagne à lierles pierres des murs de jardins.
Les trous dont nous parlons, ne font pas toujours percésexactement en ligne droite; quelquefois ils ont un coude.Quand on veut parvenir à en voir le fond, avant que decommencer à enlever la terre qui le cache, on doit avoiríaprécaution d’introduire par feutrée du trou, & de faireavancer le plus qu’il est possible quelque brin d’herbèflexible, comme une tige de gramen; par ce moyen onempêche la terre qui s’éboule de remplir le vuide qu’onveut conserver. Les parois du trou n’ont rien de particu-lier. Près du fond, & fur le fond même, elles font pluslistes <6c plus unies que par-tout ailleurs. Le fond est quel*quéfois plus évasé que le reste. Lorfqifon le met à décou-vert dans un certain temps, on y trouve une petite massede pâtée mielleuse, destinée à nourrir le ver qui y doitcroître. Dès que la provision de pâtée y a été portée, &que fœuf a été pondu, f abeille ne manque pas de fairerentrer dans le trou la plus grande partie de la terre qu’elleen avoit tirée. Si elle tardoit à le faire, inutilement eût-ellepourvû d’aliments lever qui doit sortir de fœuf; ils feroientbien-tôt pillés. Les fourmis qui rodent aux environs dunid, & qui font friandes de miel, ne feroient pas long-temps à découvrir où il y en a d’aiíé à prendre ; dès qu'u neieroit descendue au fond du trou pour en tâter, bien-tôtdes centaines s’y rendroient à la file. Enfin, il convient au.ver d’être dans un lieu clos de toutes parts pendant qu’ilprend son accroissement.