106 MEMOIRES POUR l/HlSTOIREque la mouche a rempli la cellule de pâtée jufqu’à l'en-droit où il convient qu’elle le soit, c’eít-à-dire, jufqu’àenviron une demi-ligne du bord de rentrée, & qu’elley a déposé un œuf, elle songe à la bien boucher; & cela,avant que de travailler à ébaucher une nouvelle cellule.La maniéré dont elle le fait, est la plus simple & la meil-leure qu’elle pût choisir, en n’employant que des maté-riaux semblables à ceux dont est fait le corps du petit vaíè,& qui font apparemment les seuls qu’elle fçache mettreen œuvre. Elle lui donne un couvercle qui n’est autrefig- chose qu’un morceau de feuille, bien circulaire*. Ce que16 nous avons dit de la composition de la cellule, nous aappris que fa cavité est un peu conique; d’où il est clairqu’un couvercle dont le diamètre n’est que très-peu pluspetit que celui de la circonférence intérieure du bord deì’ouverture,peut entrer dans la cellule, mais qu’il est bien-tôt arrêté par les parois, qui ne lui permettent pas dallerloin : ainsi ce couvercle circulaire d’une feule piéce, bouchela cellule, comme des fonds composés de plusieurs piècesbouchent nos tonneaux ; il n’a pas besoin d’avoir son bordcomme le font les bords des fonds des tonneaux, logé dansune rainûre, mais son contour doit être bien circulairepour Rappliquer aisés parfaitement contre les parois dela cellule.
L’abeille cependant ne s’en fie pas à ce seul couvercle :quand il ne laiíferoit aucun vuide entre sa circonférenceóc celle des parois, il y auroit a craindre qu’il ne fut tropfoible : elle en use donc comme elle a fait par rapportaux pièces du corps de la cellule; elle met ordinairementtrois plaques circulaires les unes fur les autres : quelque-fois j’en ai trouvé jusqu a quatre. Elles ne font aucune-ment collées les unes contre les autres, mais elles fonttrès-bien retenues par l'exaâe application de leur contour