des Insectes. IV. Mem. 109
grand nombre de rosiers, 6c de ceux dont les feuilles étoientle plus entaillées, je ne pus y trouver aucun nid; auífiignorois-je alors que ce n’étoit pas-là que je devois lestrouver. Mais puisque j’étois persuadé que des mouchesvenoient se fournir de morceaux de feuilles fur ces rosiers,il ne s’agisfoit que d’épier ce qui s’y pafferoit à différentesjieures du jour : je ne tardai pas à le faire 6c à avoir con-tentement. Vers le midi du jour qui suivit celui où j’avoisfrit fouiller aux pieds des rosiers, je parvins à observer unemouche dans 1 opération. Une abeille, & de celles mêmefur qui mes soupçons étoient tombes, vint íé poíêr furun arbuste peu éloigné du rosier fur lequel mes regardsrevenoient d’instant en instant : bien-tôt je lui vis quitterla place où elle s’étoit reposée quelques moments, pour•voler vers le rosier. J’étois déja presque sûr de ì’intentionu laquelle elle s’y rendoit; mais bien-tôt elle m’ôta toutreste d’incertitude. Elle se posa en-deffous d une feuille,
6c dès qu’eile y fut, elle saisit avec ses deux dents f endroitdu bord dont elle ctoit le plus proche *. Elie coupa * Pi. ila feuille, 6c continua de la couper en avançant vers la 3- m ‘principale nervure. A chaque instant une nouvelle partiede l’épailTeur de la feuille se trouvoit entre les dents, 6ccelles-ci fur le champ lui donnoient un coup aussi etììcaceque celui des meilleurs ciseaux. Enfin, elle conduisit fescoups 6c fa marche de façon, qu’avrivée près de la ner-vûre de la feuille, elle retourna vers le bord, toujourscoupant, 6c acheva de couper aisés près de ì’endroit oùelle avoit commencé à entailler. Chargée de la piéccqu’elle venoit de détacher, elle prit un haut vol, 6c futdérobée à mes yeux nar les murs du jardin au- dessusdefquels elle pastà.
Tout cela fut fait en bien moins de temps qu on nefimagineroit. Ayee de bons ciseaux nous ne couperions
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