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Tome sixième.
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110 MEMOIRES POUR L’HlSTOlREpas plus vîte une piéce dans une feuille de papier, que famouche avec íès dents en coupa une dans la feuille durosier. S’il n’avoit tenu qu a moi, elie eut travaillé moinsvite: mes yeux n’avoient pu suivre toutes les circonstancesqui accompagnent une opération qui n'est pas austi simplequ'elle le paroît d’abord; elle íuppofe plusieurs petits pro-cédés qui, pour être oblèrvés, demandent que 1 opérât ionsoit répétée bien des fois fous les yeux du spectateur. Toutce que je pus faire cette année, fut de la revoir deux outrois fois : je m’y étois pris trop tard ; les abeilles avoientenlevé aux rosiers tous les morceaux de feuilles dont ellesavoient besoin ; la laiton où elles construisent des nids étoitpassée. C’est de quoi je dois avertir, atìn que ceux qui fe-ront curieux, comme je lai été, de voir de ces mouchesàl’ouvrage, puiífent y parvenir íàns perdre trop de temps.L’année luivante, lorsque mes rosiers furent couverts defeuilles, chaque fois que je passois auprès deux, je leurdonnois un coup d’œiî, pour reconnoître si quelques-unesdes leurs n’étoient point échancrées. Quand j’eus com-mencé à en voir de telles, Sc que j’eus remarqué que leurnombre augmentoit journellement, je me promis de voirdes abeilles entailler des feuilles, fans mettre ma patienceà de trop longues épreuves. Ce fut aussi un spectacle queje me donnai pendant plusieurs jours vers la fin de Mai,c’est-à-dire, autant de fois que je le voulus : souventje n’avois pour cela qu’à me tenir tranquille auprès d unrosier pendant un temps assés court.

Pour I ordinaire 1 abeille qui, en volant, est arrivée toutprés d un rosier, diffère de quelques instants à s y poíer;elle voltige au-dessus; elle en fait le tour, Sc souvent plu-sieurs fois à en différents sens, comme si avant que defefixer, elle vouloit reconnoître celle des feuilles qui luiconvient le mieux ; son choix n’esl pourtant pas long à