Band 
Tome sixième.
Seite
117
JPEG-Download
 

DES I N S E C T E S. IV. Ment. 1verte qui disparut sur le champ ; ce morceau de feuillefut tiré entre les deux pierres : celles-ci étoient les der-nières ou les supérieures d’une terrasse qui n’avoit guéresque ma hauteur, Sc dont j’étois proche. Mes yeux nequittèrent plus cette fente; je m’attendois, & je ne tar-dai pas à en voir sortir une mouche. Celle qui parutau bout de quelques instants étoit & plus grosse Sc plusrousse que les coupeuses de feuilles de rosier. A peinefut-ellehors de la fente quelle prit son vol vers un jeunemarronier éloigné au plus de i o à 12 pieds de 1 endroitd où elle étoit partie, & plus proche de moi. Elle tournaautour, se tenant toujours en i’air ; ensuite elle parutsonder les unes après les autres plusieurs feuilles ; elleen prenoit le bord entre ses dents Sc le laissoit. Bien-tôtpourtant elle en trouva une à son gré, elle en saisit le bordentre ses jambes, & se mit à couper: dans l’inslant elleeut détaché une grande pièce avec laquelle elle partit pouríe rendre dans le trou d’où je f’avois vû sortir. Elle II yresta pas long-temps ; elle rel’ortit pour aller se pourvoircsun autre morceau de feuille fur le même marronier.Enfin, en moins d’une demi-heure, je lui vis faire plus dedouze voyages, & revenir toujours chargée : elle alla pour-tant trois à quatre fois se fournir fur d’autres petits mar-roniers voisins du premier.

Aucune des pièces que la mouche emporta, n’ètoit cir-culaire, & il ne paroissoit pas qu’il y en eût eu encore decelles-ci de prises fur les feuilles du marronier; d’où i-is’ensuivoit que le nid n’étoit encore que commencé,qu’aucune cellule n’avoit encore été finie, Sc qu’ainsi enen mettant l’intérieur à découvert, je pourrois m’asturerfi effectivement 1 abeille conduit ion travail dans tordreque nous avons décrit, si elle commence par 1 enveloppegénérale des cellules. Les deux pierres au-deííòus d’ une

Piij;