11 3 MEMOIRES POUR L’HíSTOIREdesquelles il se devoir trouver, étoient couvertes d’ungazon nourri par une couche de terre épaisse seulementde quelques pouces: la terre & le gazon ayant été ôtés, jefis dégager une des pierres peu à peu, Sc avec attention ;elle navoit qu environ six pouces d’épaisseur. Pour lafaire enlever, je pris un moment où l’abeilíe venoit desortir de son nid, 6c après avoir remarqué que depuisune heure ses courses étoient plus longues, & que fati-guée peut - être du travail précédent, elle rentroit fansrapporter un morceau de feuille. Dès que la pierre eutété enlevée, les pièces que j'avois vû porter furent mises•PI. io.fig. à découvert, elles formoient une espece de tuyau*, mais7 * qui se défigura lorsqu’il cessa d etre gêné. Les morceaux
de feuilles dont il étoit composé, A qui ne venoient qued etre pliés, n’avoient pas eu le temps de se dessécher;ils coníervoient encore un ressort qui tendoit à les re-dresser. Aussi quand je voulus toucher au rouleau, l’édi-fìce s'écroula en partie; mais je vis au moins qu'il n’y enavoit encore que 1 extérieur de fait, ôc que c’est par 1 exté-rieur, par i’enveloppe que la coupeuse commence son nid.J otai de ce nid les morceaux qui étoient tombés, & ayanttout rajusté de mon mieux, je reposai la pierre dans fapremière place. Je n’avois pas eu le temps de la recouvrirde terre, ce qui n'étoit pas bien essentiel, que la mouchearriva ; elle retrouva l’ancienne fente entre les deux pierres,elle y rentra. Mais à peine fut-elle parvenue dans l’intérieurdu nid, quelle en sortit, toute étonnée sans doute du boule-versement quelle y avoit trouve. Bien-tôt néantmoinselle prit le parti d’y revenir, Sc se détermina à réparer ledésordre que j’y avois fait. Malgré mes attentions, de laterre s’étoit éboulée 6c étoit tombée dedans le nid ; sespremiers foins furent d’en retirer cette terre; je la vis qui lapoussoir en-dehors de la fente avec ses jambes postérieures,