120 MEMOIRES POUR L’HlSTOIREconnois au moins cinq especes, & apparemment qu’if yen a bien d autres qui me font inconnues. J’ai reçû unecellule de feuilles faite à Saint-Dominique par une mou-che qui peut bien n etre pas de celles qui s accommodentde notre climat. Les coupeuses de différentes especes met-tent en œuvre des feuilles d’efpeces différentes. II y a pour-tant apparence que plusieurs fortes de feuilles peuventconvenir à la même mouche; les coupeuses par qui j’aivû employer les feuilles de marronier d’inde, font proba-blement plus anciennes dans le Royaume que cet arbre.Mais la mouche qui prend des pièces dans les feuilles demarronier d’inde, n’en trouveroit que de trop petites danscelles du Yofier ; car c’est toujours dans une moitié de lafeuille que l’entaille est toute entière, la grosse nervure nedoit pas íè trouver dans la pièce détachée. Enfin, il n estguéres d’arbres ni d’arbustes dans nos jardins, auxquels jen’aye vû des feuilles qui avoient été entaillées par nos cou-peuses. Les entailles quelles font, font toujours aisées àdistinguer de celles qui ont été faites par des infectes quiont rongé : leur contour est tout autre Sc coupé plus net :il semble qu’un emporte-piéce ait été appliqué sur lafeuille, pour en détacher ce qui lui manque. Ces fortes decoupures qui apprennent où des mouches vont fe fournir,enseignent à ceux qui font curieux de les voir dans le travail,quels font les arbres ou les arbustes fur lesquels ils les doi-vent épier.
Toutes les coupeuses que j’ai vues jusques ici, ont lecorps aussi court, Sc plus court proportionnellement aureste, que les mouches à miel ouvrières. Celles de diffé-rentes especes diffèrent en grandeur : les coupeuses desfeuilles du marronier, font les plus grandes de celles queje connois, Sc auífi grandes que les mâles des mouches àmiel; au lieu que les coupeuses de feuilles du rosier, font