Band 
Tome sixième.
Seite
140
JPEG-Download
 

-» PI. 13.1, 3 &r r r.

140 Mémoires pour l’Histoire

retrouvent dans les animaux, nous serions peut-être fontdésà taxer de luxe ces petites mouches; mais nous ne devonsque reconnoître qu’elles sçavent imiter une de nos in-dustries. Le trou qu’une de ces abeilles a percé dans íaterre, est pour elle ce qu’est un appartement pour nous.Nous sçavons non seulement rendre les nôtres plus agréa-bles à habiter, nous sçavons leur procurer des avantagesréels, les rendre plus chauds en les tapissant ; nos petitesabeilles tapissent aussi les leurs, mais pour des fìns diffé-rentes: cependant comme fi elles agissoient par des motifssemblables aux nôtres, elles donnent à leurs trous des ten-tures qui peuvent le disputer par la vivacité & séclat deleur couleur, à quelques-unes de celles dont nous paronsle plus volontiers nos chambres & nos cabinets ; je veuxparler des tentures de damas cramoisi. Les tentures destrous de nos mouches, ne font pas à la vérité ouvragéescomme le damas, car elles font plus lisses & plus uniesque le plus beau satin, mais elles font d’un rouge couleurde feu qui a bien un autre éclat que le cramoisi de nosdamas. C’est fur les pétales ou feuilles dune fleur decoquelicot nouvellement épanouie & encore très-fraîche,que notre abeille va prendre les pièces dont elle veuttendre son nid. Beaucoup d’eípeces d’insectes, & entr’au-tres de chenilles, recouvrent de foye la surface intérieurede la cavité où elles veulent se renfermer ; ce n'est cepen-dant qisà nos abeilles que le nom de tapissières semble pro-prement dû ; elles seules tapissent à notre maniéré.

Elles semblent porter encore plus loin lamour des or-nements ou de la propreté : elles ne se contentent pas decouvrir.les murs du nid dune tapisserie éclatante, ellessemblent chercher à parer ses dehors, elles paroissent cher-^g- cher à mettre des tapis tout autour de son bord *: aiimoins est-il vrai que le dehors du trou, est couvert jusqu à