148 MEMOIRES POUR l’HíSTOIREje jugeois avec certitude que la mouche éloit occupée àrecouvrir la pâtée avec des fleurs qui avoient été ôtées dedessus les murs, ou que cela étoit déja fait.
Quoique de percer, de meubler, de fournir de provi-sions, & de fermer un trou comme ceux dont il s’agit,doive être un grand ouvrage pour une petite mouche,je ne crois pas que ç en soit un pour elle de plus de deweà trois jours. Aussi n’en a-t-elle pas pour un à faire, carfans doute fa ponte n’est pas bornée à un seul œuf. Si l’onsçavoit le nombre de ceux qui font contenus dans soncorps, on fçauroit le nombre de nids qu’elle est obligéede leur préparer: la dissection eût pu donner fur cela quel-ques lumières; mais les âmes compatissantes ne feront pasfâchées que j’aye négligé d ouvrir le ventre de quelques-unes de nos tapissières, pour chercher à y prendre aumoins une idée grossière de la quantité des œufs qu’ii con-tient. C’est un fait qu’on peut ignorer fans beaucoup deregret. On ne peut pourtant s’instruire dti nombre des nidsfaits par chaque abeille, en observant celles qui vivent enliberté, parce quelles ne les placent pas toujours près lesuns des autres.
Après avoir tiré du fond de divers trous, de ces petits*PJ. 13. fig. sacs de fleurs de coquelicot *, dans chacun defquels de la1J ‘ pâtée, & un ver ou un œuf étoient renfermés, je les aicachés fous la terre d un poudrier; mais je n’ai pas fait uneattention fur i’état de la terre, qui n’eût pas échappé à la 1mouche, elle étoit trop humide. Quand dans la fuite j'aivisité les fies, ils étoient pleins de moisissure, A renfer-moient un miel qui setoit corrompu, & dans lequel le veravoit péri. J’avois heureusement un moyen plus simple dereconnoître le temps nécessaire à leur accroissement, ert'marquant un nombre de trous à la campagne qui f croient'destinés à être ouverts dans des jours diff érents. J e piquai eii