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Tome sixième.
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z 18 MEMOIRES POUR L’HlSTOIREdont j ai eu occasion de louer le goût & les talents poúrobserver les insectes, m’a aíïuré qu’ayant imprudemmenttroublé des frelons dans leur nid, lapiquûre que lui fit unde ceux qui sortirent en furie pour se jetter sur lui, lui ôtapresque la connoissance & susage des jambes : ce ne futqu’à grande peine qu’il se rendit à son Couvent, où il eutla fièvre pendant deux à trois jours. Les suites de leurspiquûres ne sont pas toujours aussi fâcheuses. I)'ailleurs,il y a des faisons, & même des heures en toute saison, oùon peut les approcher avec moins de risque que les guêpes.Dans le moisd’Octobre je parvins le soir à faire transporterdu grenier d’un de mes amis, dans le mien, un très-grosnid composé de dix gâteaux, & qui étoit bien fourni defrêlons, sens qu’il en arrivât mal à qui que ce fut. Dansles jours suivants, ils ne trouvèrent jamais mauvais que jeles observasse, de quelque près que je le fisse. Ils ne sontguére à redouter que lorsqu’il fait fort chaud ; la chaleurqui les anime, semble les rendre colères : dans d’autrestemps. & même dans des jours du mois d’Août, je les aitrouvé pacifiques au-delà de ce que je i’eusse imaginé.

PI. í8.%. J ai eti auprès de ma fenêtre un nid * que j’y avois atta-ché, après 1 avoir enlevé du lieu où il avoit été bâti ; ilétoit encore bien éloigné d 'être aussi grand qu’ií devoitle devenir, il n’étoit encore composé que d’un petit gâ-teau, & habité seulement par cinq frêlons: souvent jeuinquiétois un avec un brin de bois assés court, je l’obli-geois à changer de place ; & jamais il n’esl arrivé à celuiqui a été agace, de se mettre d assés mauvaise humeur pour•voler vers moi en intention de me piquer. Quelques cellu-les de ce nid contenoient des nymphes qui s y transformè-rent en frêlons, ceux-ci me parurent encore plus pacifiquesque les anciens; j’avois peine à les déterminer à partir d««sessus ses gâteaux.