282 MEMOIRES POUR L’HlSTOIREM. IIe Merian n’a pas manqué de les faire représenter, elleles a même placées dans la première planche de ses Insectesde Surinam. Ce ne sera-que dans les volumes suivants quenous rapporterons ce que.nous sçavons de leur histoire;mais nous devons dire d avance que les kakerlaques fontd’un genre auquel nous donnerons le nom de blatte, &dont une espece se multiplie fort en Europe dans beaucoupde cuisines. Les blattes appellées kakerlaques font d’astesgrands insectes dont le corps est applati; celui des mâles estcaché fous des ailes, & celui des fémelies est à découvert,elles n’ont point d’aîles. Les nôtres le cedent beaucoup engrandeur à celles des autres parties du monde, & ne fontpas si mal faisantes, elles ne íònt à craindre dans les cuisines,que comme une mal-propreté ; mais dans nos Istes elless’introduifent par-tout, elles hachent tout, elles n épargnentni habits ni linge.
On y doit donc aimer des mouches qui, comme lesguêpes ichneumons dont il s’agit actuellement, attaquentces insectes destructeurs & les mettent à mort. M. Coslìgniqui a été témoin de quelqúes-uns de leurs combats, les atrès-bien décrits : voici ce qu’il a vu. Quand la mouche,après avoir rodé de différents côtés, soit en volant, soit enmarchant, comme pour découvrir du gibier, apperçoit unekakerlaque, elle s’arrête un instant, pendant lequel lesdeuxinsectes semblent se regarder; mais fans tarder davantage,l’ichneumon s élancé sur 1 autre, dont elle saisit le museauou le bout de la tête avec ses serres ou dents; elle se replieensuite sous le ventre de la kakerlaque pour le percer deson aiguillon. Dès quelle est íure de lavoir fait pénétrerdans le corps de son ennemie, & d y avoir répandu unpoison fatal, elle semble sçavoir quel doit être l'effetdc ce poison ; elle abandonne la kakerlaque, elle s’en