34 2 MEMOIRES POUR l’Histoiremalheur alors à tout infecte imprudent, à la fourmi, parexemple, qui cheminant passe fur les bords d un trou dontle talus est roide, 8c dont les parois font toutes prêtes às ebouler; quelquefois il tombe dans l’instant au fond duprécipice, dans la vraye fosse du lion. Sa chute n 'est pastoujours si précipitée; la fourmi qui sent le danger, tâchede fe cramponner fur les grains de fable qui forment lapente, plusieurs cèdent fous íès pieds, mais au moyen detentatives & d’efforts redoublés elle en rencontre de moinsmobiles, fur lesquels elle fe retient ; souvent même elle par-vient à grimper vers le bord d u trou. Mais le formica-leoa encore une ressource pour fe rendre maître de la proyequi lui échappe : c’est une des circonstances où il lui im-portoit d'avoir une tête dont le dessus fut plat, 8c qu’ilput élever brusquement en enhaut, en l’inclinant d’uncôté ou de sature. La sienne qui alors est cachée fous lefable, peut jetter en fair celui qui la couvre, comme nousy en jetterions avec une pelle ; au moyen d’un coup detête donné brusquement en enhaut, Sc dans la directionconvenable, il lance en f air un jet de grains de fable:cette pluye de fable tombe fur la misérable fourmi, qui netrouvoit déja que trop de difficulté à monter ; les petitscoups qu’elle reçoit d’un grand nombre de grains, íapoussent en embas. Elle ifen est pas quitte pour ces pre-miers coups, le formica-leo ne tarde pas à ramener fa têtefous le fable ; le voilà donc en état de faire partir un nou-veau jet: plusieurs jets qui fe succèdent, produisent f effe tpour lequel le premier n’a pas toujours suffi ; la fourmimalgré tous fes efforts est précipitée au fond du trou, lesdeux cornes du formica-leo qui étoient ouvertes pour larecevoir, lui saisissent le corps 8c le percent en fe fermant.
Le formica-leo maître de íà proye, la tire un peu íòusie fable, fy cache, au moins en partie, Sc fy fucce à son