35° MEMOIRES POUR L’HlSTOIREne peut manquer de se fatiguer : quand elie a agi aiséslong temps, le formica-leo la laisse reposer, & se détermineà se servir au même usage de l’autre jambe de la mêmepaire, qui apparemment n’est pas moins adroite que la pre-mière; mais pour la faire travailler, il faut qu elle se trouveplaeée, comme sétoit la première, vers sintérieur du trou,ce qui demande que ie formica-leo se retourne bout pourbout, & qu’il décrive ensuite des cercles dans un sens con-traire à celui où il en décrivoit auparavant. Pour se re-tourner, il n’auroit qu’à pirouetter sur lui-même, qu aamener son derrière où étoit Ta tête ; mais cette manœu-vre n’est pas apparemment pour lui la plus aisée, car alorsil en fait une autre, il traverse le cône composé du sablequi reste à enlever; il passe de sendroit où il est, à sen-droit opposé diamétralement: quand il y est rendu, ilíè met en marche pour faire ses circonvolutions dans unsens contraire à celui où il les faisoit; la jambe qui aupa-ravant étoit la plus proche de ì’enceinte extérieure, estalors la plus proche de saxe de sentonnoir, & c’est alorsa elle à charger la tête de fable.
Quelquefois le formica-leo acheve son entonnoir toutde suite, Sc en vient à bout en moins dune demi-heure,ou même d’un quart d’heure ; quelquefois il le fait à biendes reprises; il prend des intervalles de repos, tantôt pluscourts Sc tantôt plus longs; il se tient quelquefois tran-quille pendant des heures entières, Sc cela apparemmentselon qu’il est plus ou moins pressé par la faim : on nepeut guéres attribuer qu’à ce besoin la diligence avec la-quelle il y en a qui expédient leur ouvrage, pendant qued’autres restent dansl’inaction. J’ai eu à la fois des centai-nes de formica-leo dans une feule mais assés grande caisse,& souvent j’ai pris plaisir à applanir la surface du sable oùils étoient, à combler tous leurs trous: quelques-uns