35 2 MEMOIRES pour l’Histoireconvenables, il la conduit vers le milieu de son dos, Sc.l’y met en équilibre. Mais le difficile est de la conserverdans cet équilibre pendant le transport, en montant àreculons le long d'une pente déja escarpée ; de momenten moment la charge est prête à tomber, soit à droite,soit à gauche : ce n’est qu en abbaissant ou élevant à pro-pos certaines portions de ses anneaux, que le formica-leo parvient à la retenir. Enfin, malgré tous ses efforts,Sc malgré tout son sçavoir en tours d’équilibre, la pierrelui échappe quelquefois, elle roule dans le fond du préci-pice; il a íe courage daller l’y rechercher, & de faire denouveaux essais de son adresse & de sa force. II donneainsi de grandes preuves de patience, lorsque, commeM. Bonnet sa vu, il retourne à cinq ou íix reprises íecharger d’un fardeau qui lui a échappé autant de fois :le sormicà-leo lui sembloit alors condamné au supplicedu criminel Sysiphe.
On peut faire naître des occasions d avoir un ípectaclequi tourmente notre insecte, Sc qui amuse celui qui l’ob-serve, en jettant au fond de son trou une petite pierred’un poids trop grand pour être enlevée d’un coup detête: j’ai quelquefois mis dans la même peine dix à douzeformica-leo à la fois; la petite pierre de chaque trou n’étoitpourtant pas de même figure ni de même poids. Le formi-ca-leo qui avoit eu le bonheur d’en avoir une légere enpartage, la faisoit partir d’un coup de tête; Sc celui à quiil en étoit échû une trop lourde, ou d’une figure trop ir-réguliére, se déterminoit par la fuite à abandonner sontrou ; d autres entreprenoient de transporter hors du leurcelle dont ils avoient jugé pouvoir charger leur dos : leplus souvent néantmoins ils se contentoient de la pousser,soit avec la tête, soit avec le dos contre les parois desen-ïonnoir;pouryûquelle n’en couvre pas le fond, c’esl assés
pour