z;6 MEMOIRES POUR L’HlSTOIREqu'ont íes trois petits yeux disposés en triangle fur la têtedes mouches. Les cornes du formica-leo ije íçauroient êtreentièrement hors du fable, fans que fes yeux qui font à leurbase, soient à découvert; ils lui apprennent quand il esttemps qu’il fe tienne prêt à saisir un infecte infortuné.
II semble même qu outre le sentiment de la vue, ils enayent quelqu’autre qui les instruise de la présence des objetscapables de mouvement: ils n'aiment pas à être vûs, ilscachent tout leur corps fous le fable, 6c y cachent demême leur tête & leurs cornes, dès qu on les regarde detrop près. Ce feroit une façon de fe montrer que de jetteren présence d’un spectateur, du fable hors du trou qu’ilsveulent creuser; aussi ne s'y déterminent-ils qu’à peine, 6cencore faut-il que celui qui les regarde ne se donne aucunmouvement : de-là vient que les particularités de leur travailn’ont pas été bien observées, 6c qu elles font plus difficilesà observer qu’on ne le croiroit. Ayant des centaines desormica-leo dans une même caisse, je m’étois imaginéqu’après avoir comblé tous leurs trous, qu après avoirapplani toute la surface du fable, je verrois à la fois descentaines de ces infectes à l’ouvrage ; mais il m'est arrivéde me tenir alors auprès de la caisse pendant des heuresentières, 6c de n y en voir que quelques-uns qui faisoienten cheminant des traces dans le fable, ou qui au plusébauchoient quelques trous, aucun ne fe mettoit tout debon au travail. Ennuyé de ne rien voird’aíTés satisfaisant, jem'eloignois d eux, 6c lorsque je revenois les visiter au boutd’une demi-heure, ou plutôt, jetois étonné de trouver4.0 01150 entonnoirs tres-fínis. Ainsi instruit que ma pré-sence les tenoit dans l'inaction, je m'éloignoisde nouveaude la caisse, mais pourtant pas aisés pour en perdre le fablede vtìë: dès que j en étois à quelques pas, tout fe rani-moit ; de toutes parts je voyois des jets de fable lancés