z72 MEMOIRES POUR I/ÏÍISTOIRE
Ce n’est pas feulement parce que le formica-leo estpetit, qu’il est difficile de voir distinctement ses partiesintérieures, c’est fur-tout parce que dès qu’on lui ouvreJe corps, quelque précaution qu’on apporte à donner lecoup de ciseau ou de lancette, il s’épanche par la playeune eau d’un brun noirâtre & aisés épaisse ; quelquefoispourtant lorsque le coup de ciseau n’a emporté qu’unepetite portion d’un des côtés, il fort par la bleísûre unevessie dans laquelle la liqueur brune est renfermée, maisdont les membranes font si minces qu’on ne peut guéres lestoucher fins les briser. On peut plus aisément manier uneautre partie de la grosseur d’un pépin de raisin, mais unpeu moins oblongue : elle opposé quelque résistance lors-qu’on veut l’écrafer; elle est remplie par une matière noireplus épaisse que de la bouillie, elle n’est nullement cou-lante. Ce grain noir & la vessie pleine dune liqueur brune,me paraissent composer ensemble le conduit des aliments,dont le grain qui contient la matière non coulante, estJa dernière partie : elle paraît un canal aveugle ; on nelui trouve point, & on ne doit point lui trouver de pro-longement vers le derrière, dès que l’infecte n’a pointd’anus. Près du derrière on peut voir encore une vessieremplie d’une liqueur transparente, qui est apparemmentie réservoir de la liqueur à foye: cette vessie, ou une avecJaquelle elle communique, m’a paru quelquefois adhé-rente au grain noir. On découvre aisément avec la loupedes milliers de trachées; mais ce qui occupe le plus deplace, fur-tout dans le corps des formica-leo prêts à semétamorphoser, est une matière blanche qui sembleanalogue à ce qui a été nommé le corps graisseux dans leschenilles : elle est un amas de corps oblongs, commede petits boudins appliqués les uns fur les autres, & mis leswns au bout des autres.