422 MEMOIRES POUR l/HlSTOIREle voir 6c revoir, que n’en ont eu ces célébrés Auteurs ; j aïpu observer divers petits manèges qui le précédent, dontils ne nous ont pas parlé, parce qu’ils ne se sont pas pré-sentés à leurs yeux. Un étang mal soigné qui se trouvetrès-près de chés moi, à Reaumur, semble être placé pourdonner ce spectacle à qui en est curieux, il a peu d éten-due , & est rempli de roseaux & de glayeuís ; mais ce quefa position a de plus favorable , c est qu’il est entouré decoteaux qui en font très-proches : il est placé comme dansle fond d’un entonnoir ; 1 air est tranquille autour de sesbords, pendant qu’il est agité plus loin , ce qui invite lesdemoiselles à se réunir par paires tout auprès de 1 étangmême ; elles y sont rarement emportées loin par ces coupsde vent qui les font perdre de vûë à 1 observateur, commeil arrive dans des lieux plus découverts. D ailleurs l’air yest plus échauffé que par-tout aux environs. C’est-là quedepuis la mi-Septembre juíque par-delà la mi-Octobre,6c dans les beaux jours depuis onze heures du matinjusqu'à quatre 6c cinq heures du soir, j’étois sûr de trou-ver des demoiselles de toutes especes , unies ensembleou qui cherchoient à s'unir ; souvent huit à dix couples seprésentoient à la fois à mes yeux : je n’étois embarrasséque par le choix de celui fur qui je devois fixer mes re-gards. Je ne parlerai que de deux especes de demoisellesque j’y ai le plus suivies, dont l’unc est aisés petite 6c àtête large *, 6c dont 1 autre * est de grandeur médiocre, àtête ronde : les façons de procéder des autres cípeces ,quand il s’agit de s’entre-faire I amour , reviennent auxfaçons de celles-ci.
11 n’en est pas des demoiselles comme des papillons Scde beaucoup dautres insectes aîlés, parmi lesquels diffé-rentes couleurs servent ordinairement à faire distinguerles unes des autres des especes différentes: parmi l es