500 MEMOIRES POUR L’HlSTOIREou de feípece commune furie Rhin, étoient fécondesainsi, il feroit plus que probable que ceux des éphémèresde la Seine & de la Marne le feroient de la même ma-niéré. Quand la nature varie extrêmement fes façonsd’opérer, c’est rarement par rapport aux efpeces d u nmême genre. Or il me paroît extrêmement difficile àconcevoir que les œufs de nos éphémères puissent êtrefécondés par une liqueur laiteuse, versée dessus par lesmâles: les deux grappes ne font pas piûtôt hors du corpsde la fémelle, dont nous les avons vû sortir si prompte-ment , qu’elles tombent au fond de l’eau, comme deuxpetites pierres. J’aurois dû voir des mâles répandre de laliqueur laiteuse fur les grappes d’œufs déposées fur lesnappes 6c les serviettes; car pourquoi ne leur arriveroit-ilpas de fe méprendre, comme il arrive aux fémelles! fi cel-les-ci ont fimbécillité de laisser leurs œufs dans des en-droits où les vers n en fçauroient éclorre , pourquoi lesmâles aussi mal habiles n’iroient - ils pas arroser ces mê-mes œufs ! 6c c’est ce que je ne leur ai point vû faire. Laquantité de liqueur dardée peut à la vérité être fi petitequ’ellem’ait échappé, car ce que j’enai fait sortir de leurcorps en le pressant, était bien peu de chose; mais il enparoît d’autant moins concevable qu’elle puiíïe parvenirà agir fur des œufs qui se précipitent st vîte au fond deseau.
J’inclinerois plus à penser que les mâles s’accouplentavec les fémelles, mais que comme la vie des uns & desautres est la plus courte de celles des animaux connus,leur accouplement aussi est le plus court de tous, beau-coup plus court que celui des oiseaux qui dure si peu.Peut-être qu’il suffit à un mâle de se placer un instant furfa fémelle, pour la rendre féconde; peut-être que celles-ci nejjs’élevent après être sorties de seau, & ne volent