504 MEMOIRES POUR L’HlSTOIRE
encore soutenir une opération équivalente à celle d'unemétamorphose, Sc qui semble même plus difficile, ellesont encore à se défaire dune dépouille: quelles en puissenttirer leur tête, leurs jambes, leur corps, & les longs filetsde leur queue, ce font des merveilles avec lesquelles 011s’est familiarisé en voyant quantité d’autres insectes se trans-former, ou simplement changer de peau; mais il y a iciune merveille toute nouvelle. Dans les transformationsdes autres mouches, & même dans la transformation decelles-ci, nous avons vu des ailes très-molles, & par con-séquent très-flexibles, sortir des fourreaux dans lesquelselles étoient plissées ; mais voilà ici des ailes bien dévelop-pées , bien étendues, qui semblent avoir pris toute leurconsistance, Sc par conséquent être devenues cassantes,car celles qui ont une fois soutenu un insecte en sair, lesont, Sc se laissent très-peu plier. Enfin ces ailes qui ontbeaucoup d’ampleur, font si minces qu’on n'imagine pasqu’elíes íòient renfermées dans une eípece d’étui, Sc quandon sçait que l’aîle en a un d'où elle se doit tirer, on neconçoit pas comment malgré son ampleur, elle pourrasortir saine par le bout étroit de cet étui, par une assés pe-tite ouverture qui se fait auprès de l’origine de l’aîle : toutcela se fait cependant, Sc on a souvent des occasions de seprocurer le plaisir de le voir.
Ces éphémères, après être sorties de seau, s’éleventsouvent fort haut en sair, elles y volent assés íong-temps,ou au moins vont-elles en volant assés loin du lieu de leurnaissance : on en trouve à la campagne dans des boiséloignés de toute eau, ct à Paris, elles se rendent dans desmaisons éloignées de la riviere : il y est pourtant plus or-dinaire d’en voir dans celles qui en font voisines. Les en-droits où elles s’y fixent le plus souvent, les mettent très aportée d'être vûës : leurs pieds font armés de crochets fi