des Insectes. XII. Mem . 503
la fécondation des œufs, ne nous soit pas aisés connue, ilest fur qu’ils 1 opèrent, & que pour 1 opérer, ils doiventrencontrer les fémelles ou leurs œufs. Or s’il eût été régléque la même quantité de fémelles & de mâles qui naît entrois ou quatre jours, & seulement pendant deux à troisheures de chaque jour, naîtroit à toutes les heures du jour,& cela pendant un ou plusieurs mois, il est évident qu’ilseroit arrivé très-rarement que les fémelles & les mâles au-roient pu se joindre : pour peu qu'il eût fallu se chercher,ils n'auroient pas eu le temps de se trouver avant que demourir ; la plûpart des fémelles seroient péri es fans que leursœufs fussent devenus féconds, la quantité des individus eûtété chaque année en diminuant, <Sd’espece, quelque nom-breuse qu'elle fût, eût pu être détruite.
La conjecture précédente est confirmée par des mou-ches de plusieurs eípeces, qui appartiennent à la classedes éphémères: jamais on ne voit voler à la fois autant,à beaucoup près, des éphémères de chacune de ces ef-peces, qu’on en voit voler de celles de l’eípece dontil s’esl principalement agi jusqu'ici : les unes naissent dansdes temps aisés éloignés de ceux où sont nées d’autresmouches de leur espece; aussi une plus longue vie leur aété accordée, une vie au moins de plusieurs jours: il yena eu telle qui n’a péri chés moi qu’au bout de six à septjours, & qui peut-être eût vécu plus long-temps, si la li-berté de voler ne lui eût pas été refusée.
Ces dernières éphémères, après avoir quitté la dépouillesous laquelle elles ne pouvoient vivre que dans seau , aprèsêtre devenues en état de parcourir les airs, après en unmot être devenues mouches, se trouvent dans un cas oùn'est aucune mouche des autres eípeces connues, ni aucunautre insecte ailé. Rien ne semble leur manquer, & il ne pa-roît pas quelles ayent rien de trop; cependant elles doivent