des Insectes. XIII . Mem. 533
qu’il arrive quelquefois aux pucerons d’être dévorés toutvivans par un ver logé dans leur intérieur, & qu’alorsleur peau en devient plus brillante. Bien-tôt pourtant M.Bonnet fut rassuré par rapport à la dangereuse maladiequ’il avoit soupçonnée à ce puceron, qui devenoit de plusen plus cher à mesure qu’il approchoit du terme où ildevoit donner la solution d’une question importante. IIcommença à se tirer de sa dépouille; mais ce fut d’unemaniéré propre à renouvelles les allarmes, ce ne fut pasavec son adresse ordinaire ; il se coucha sur le côté, il serenversa même ensuite sur le dos, ayant les quatre jambesen l’air : posé alors fur une feuille pendante, 8 c presque -verticale, il n’eût pas manqué de faire une chûte fatale,si le bout de son corps n’eût été encore retenu par la dé-pouille qui étoit bien accrochée à la feuille, Tout néant-moins iè termina heureusement, il se remit sur ses jam-bes, & acheva de se tirer de sa dernière dépouille: il étoitalors arrivé au terme où on avoit tâché de l’amener partant de foins, il étoit devenu un puceron parfait.
Dès le lendemain, premier Juin, M. Bonnet fut ré-compensé de toutes les peines qu’il avoit prises pour ce pe-tit insecte : sur les sept heures du soir, il vit enfin avec ungrand contentement, que son puceron avoit accouché. IIlui parut alors bien décidé, qu’un puceron qui depuisl’ins-tant de sa naissance n’a eu aucun commerce avec ceux deson espece, devient en état de mettre au jour des petits vi-vants. Le sien continua d’accoucher journellement, 6 csouvent plusieurs fois dans le même jour, 6 c fous ses yeux.M. Bonnet continua à donner ses attentions à un petit ani-mal qui avoit si bien répondu à ses souhaits: il tint un regî-tre de naissances d’une espece dont on n'en a pas encoretenu jusqu’ici;ily marqua le jour &l’heurede celle de cha-que nouveau puceron dont la mere se délivra. Depuis le iJuin jusqu’au z I du même mois, elle en mit 95 au jour,
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