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Tome sixième.
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552 MEMOIRES POUR L’HlSTOIREsans accouplement, si leur fécondité ne s’épuise pas aprèsun nombre de générations plus grand que ie nombre decelles qu’on a observées. M. Lyonet établit une co.onie deces petits infectes fur une branche de làule à découvert,mais tenue dans l’eau en partie, afin que fers feuilles con-servassent plus long-temps de la fraîcheur. Cette coloniefut composée des pucerons surnuméraires, nés des meresforcées à vivre dans une parfaite solitude. Tous les puce-rons nouvellement nés qui étoient de trop pour íès ex-périences, il les transporteur sur les feuilles de la branchede íàule : examinant un jour les pucerons qui y étoient,il vit avec surpriíè un puceron ailé dans la posture où fontordinairement les mouches mâles qui fécondent des fé-inelles. Bien tôt il eut lieu de penser que ce n’étoit pas íehazard qui avoit ain h placé le puceron ailé íúr le non-ailé.Le premier se tenoit cramponné, & paroiísoit tranquillesur le second, pendant que celui-ci sembloit inquiet, allanttantôt d’un côté, A tantôt d’un autre. M. Lyonet cher-cha à observer ce couple de près, & parvint à se mettreà portée de 1 examiner au travers dune loupe: il vit que lapartie postérieure du puceron ailé se recourboit par-dessuscelle de l’autre, & venoit s’appliquer étroitement par-deísous. Cette union dura près d une heure, & enfin íepuceron ailé s’envola. La colonie que M. Lyonet avoitétablie fur la branche de saule , lui donna plusieurs occa-sions de revoir des puceronsdansl’attitudedel’accouple-ment ; mais ce qui acheva de Ie convaincre que les accou-plements qu’il avoit vûs, étoient réels, c’est qu'ayant écrasépar mégardedeux pucerons unis, pendant qu’il donnoition attention à ceux d un autre couple, il trouva l’extré-mité postérieure d’un des deux qu’il avoit fait périr, ac-crochée à l’extrémité postérieure de l’autre.

II y a donc réellement des accouplements dans une

espèce