558 Mémoires pour l’Histoirefâcheuse saison, si avant qu’elle arrive, iis ont pu parvenífà se délivrer de tous íes foetus dont leur corps étoit plein ,s’il n y reste que des germes dont íe développement nccommencera à se faire qu’au retour d’une saison plus douce.S’il étoit donc en leur pouvoir, dès que les froids commen-cent à se faire sentir, de se délivrer de tous leurs fœtus quine font pas à terme, ils devroient sacrifier ces fœtus tar-difs, hors d’état de résister au froid, & dont la fin nesçau-roit être que funeste, & se conserver eux-mêmes pour unepostérité qu’ils feroient naître dans des temps plus heu-reux. Les insectes les plus tendres pour les petits qui méri-tent leurs foins, cessent: de l'être pour ceux qui ne sçau-roient venir à bien. C’est de quoi ce volume nous a donnédes exemples remarquables dans fhistoire des guêpes;quand les approches de fhyver se font sentir, elles tuentimpitoyablement, ou peut-être charitablement, tous íesvers & toutes les nymphes pour qui elles avoient montrétant d’affection ; elles semblent sçavoir que ces vers & cesnymphes mourraient bien-tôt de froid Sc de faim, Sc qu'enabbrégeant leurs jours elles abbregent leurs souffrances.Mais s'il importe personnellement, pour ainsi dire, aux pu-cerons de faire périr leurs fœtus en les mettant au jour,dès-lors il est plus qu a présumer que la nature lésa misen état de le faire.
II y a donc grande apparence que ces petits corpsoblongs dont M. Lyonet a vû accoucher des puceronsde plusieurs eípeces vivipares, aux approches de fhyver,n’étoient autre chose que des foetus avortés , dont ils s’é-toient délivrés dans un temps où ils n’auroient pu fournir àleur accroissement complet. II y a de même apparence queles corps semblables que des pucerons du chêne ont misau jour dans le mois de Novembre, fous les yeux de M.Bonnet, netoient aussi que des avortons; ils étoient