56o MEMOIRES pour l’Histoirë
* Tome j. avons fait mention ailleurs *, qui ont besoin cle se nourrir,& de croître. La quantité q u'il en a trouvée à la campa-gne sur certaines branches où il en a vu quelquefois plusde6o les uns auprès des autres, & leur arrangement sem-blable à celui des œufs de certains papillons, font qu’il apeine à les regarder comme des avortons qui auroientété indignes de l’attention des meres. D'ailleurs plusieursde celles-ci qu’il a observées pendant qu’elles sc délivroientde ces petits corps, lui ont paru prendre les précautionsnécessaires pour les mettre en état d'être collés par la li-queur dont ils étoient mouillés, contre l'écorce del’arbre,& pour ne causer aucun dérangement dans leur figure.Elles auroient pourtant pu le faire simplement pour s’eildélivrer avec plus de facilité. II a remarqué, & m’en a faitpart dans une de íes lettres » les attentions que paroi t avoirle puceron vivipare pour empêcher que le petit qui fortde son corps, ne soit exposé à frotter trop tôt, & troprudement, contre la feuille sur laquelle il doit naître. Lamere cherche à tenir en l’air le petit naissant jusqu a cequ’il soit en état de s’appuyer fur ses jambes; pour celaelle éleve son derrière de plus en plus, à mesure que lepetit en sort davantage. Les pucerons du chêne qui sedélivroient d’un petit corps de forme d’œuf, loin d’éleverainsi leur derrière, le panchoient vers la branche fur la-quelle le petit corps devoit être collé. De-là il fuit aumoins que les meres semblent sçavoir mettre au jour unfœtus vivant ou un corps sens vie.
Les petits pucerons auxquels les meres donnent naissance,sortent de leur corps le derrière le premier. M. Bonnet acependant vu un petit qui sortit du corps d’un puceronaîlé du rosier, la tête la première, & qui vint à bien , cardès qu’il fut né il grimpa fur le corps de se mere. II resteà sçayoir si cette exception est générale pour tous les
pucerons