5 6 ^ Mémoires pour l’Histoire
parlant des accouchements des pucerons du sureau, j'ai ditque sur ía couche de ces petits insectes, qui couvre immé-diatement un jet de cet arbuste, on voit souvent des meresqui mettent des petits au jour, & qui semblent n avoir plusd’autre affaire que d’accoucher, & ne pas songer àse nourrir.11 y a souvent aussi sur ce lit des meres qui font des petits, &qui n y font que cela; mais des observations attentives ontappris à M. Bonnet quentre les. meres qui font posées furune couche de pucerons, il y en a qui font passer leurtrompe entre ces pucerons, & qui la font parvenir jusqu’àl’écorce dans laquelle ils ia tiennent picquée.
Ces petits animaux qui ne se nourrissent que d’un suctrès-liquide, rendent aussi par l’anus des excréments quiont peu de consistance: ils ont sur le derrière deux cornessingulières, par chacune desquelles ils rejettent une autreforte d’excréments, qui n’est souvent qu’uneliqueur transiparente. M. Bonnet qui a vu presque tout ce qu on peutvoir par rapport aux pucerons, & qui a voulu deviner lesraisons de tous leurs mouvements, a cherché pourquoiles pucerons, d’ailleurs tranquilles & occupés àsuccer, le-vent de temps en temps le derrière en l’air; & il a cruavoir remarqué que c'étoit toutes les fois qu’ils avoient àfaire sortir, une goutte de liqueur par une des cornescreuses qui en font proche.
La façon dont se multiplient ces petits insectes, estaprès tout la plus grande merveille qu’iisayentà nous of-frir , & en est réellement une grande ; mais nous voudrionsfort avoir moins d’occasions d’admirer leur prodigieusefécondité. Aussi ne sera-t-on pas fâché desçavoir que lesrudes hyvers leur sont extrêmement contraires. Pendantqu'on est retenu chés soi par des froids excessifs & longs,c’est une petite consolation de penser qu'au Printemps onne verra pas les feuilles de ses pêchers & de ses abrico-