570 MEMOIRES POUR L’HlSTOIREla suite un oiseau égal en grandeur & en tout semblableà celui qui a pondu sœuf. La merveille racontée de l’a-nimal ovipare ne seroit en rien plus croyable que çelle quiauroit été rapportée du vivipare ; elle le leroit mêmemoins, car la coque de sœuf augmente encore le volumed’une masse jugée beaucoup trop grande pour être contenuedans le corps de la mere.En un mot on neparviendroit pasà faire croire aux hommes les plus crédules, qu’il y a uneefpece de poules, par exemple , qui pond des œufs d’oùfort une poule, ou un coq, qui, dans le moment mêmeoù il paroît au jour, ne cede aucunement en grandeur àla mere, ni au mâle par qui elle a été fécondée. Quel-que petit que fût l’oilêau mere auquel le prodige seroitattribué, fût-ii plus petit qu’un colibri, ou qu’un oiseaumouche, ce prodige n'en paroîtroit pas moins une fable. Lamerveille n est ici en rien augmentée ou diminuée par la pe-titesse del’animal. L’imagination & même la raison seronttoujours révoltées, loríqu’on voudra faire concevoir un ani-mal naissant aussi grand que pere & mere. J’ai pourtant étéconduit par degrés à soupçonner que l’histoire des insectesavoit un tel prodige à nous montrer. J’ai osé me prêterà un soupçon qui paroît d abord si déraisonnable : j’aicherché à le vérifier; & quelques especes de mouches m ontfait voir que le prodige étoit réel dans toute l'étendue dusens singulier sous lequel nous venons de le présenter.
Ces mouches fi dignes d etre connues par l’état oùelles paroissent dans le moment de leur naissance, fontde la classe de celles qui n'ont que deux ailes, & d’uilgenre dont nous n avons parlé qu’en passant, quand iis’est agi de la distribution générale des mouches; nousignorions alors combien elles méritoient d’être étudiées.Si nous eussions sçû ce quelles nous ont appris depuis,probablement nous l’eussions rapporté plutôt ; néantmoins