578 MEMOIRES POUR L’HlSTOIREœuf sous la forme de mouche, comme le poulet fortpoulet du sien. II resloit néantmoins une grande , &, jepuis dire, une énorme différence qui étok une fuite né-cessaire de l’état dans lequel j’avois vû les mouches arai-gnées des hirondelles sortir de leur coque ; c’est que lepoulet naissant est bien éloigné de la grandeur de la poule,& encore plus de celle du coq, au lieu que si les coquesd’où j’avois vû sortir des mouches, dévoient être regar-dées comme celles des œufs, ces mouches naiífoient ab-solument auíïì grandes que les mouches peres Sc que lesmouches meres.
Pour s’aflurer cependant si un fait si peu vraisemblableétok vrai, il ne s’agiífoit que d’avoir une mouche arai-gnée qui sist chés moi un œuf. Cet œuf devoir (sabordm’apprendre si ceux de ces mouches font d’une gran-deur aussi démesurée que ce grain que j’avois cru en êtreun. Ensin je pouvois espérer de voir si de cet œuf con-servé soigneusement, au lieu du ver qui fort de chacunde ceux des mouches des autres efpeces, il fortiroit unemouche égale en grandeur à celle par qui il avoit étépondu. II me fallut attendre jufqu’à l’année qui suivitcelle où j’avois eu ce soupçon , pour faire des observationscapables de satisfaire ma curiosité. La saison étok tropavancée, toutes les mouches araignées qu’on m’apportoit,avoient fait leur ponte, Sc toutes celles qu’on m’apportal’année suivante jufqu’au mois de Septembre, ne fem-bloient pas prêtes à faire la leur, Sc ne la firent pas chés moi.Ce ne fut que le .1 8 de ,ce dernier mois que l’on m’euremit une telle que je savois desirée depuis si long temps.Son corps extrêmement renflé fembloit promettre unœuf à terme, aussi en contenoit-il un. Je ne tardai pas àla faire entrer dans un poudrier de verre dont je couvrisle dessus de papier : elfe y vola (sabord à quelques reprises