580 MEMOIRES POUR L’HiSTOíREJe 11e voulus m'en fierqu’à moi-même pour tenir cet œufdans une chaleur douce & égaie. Je if imaginai rien demieux que de porter pendant íe jour íe poudrier dans mongousset, & de le tenir pendant la nuit fous le chevet de monlit, de Se couver moi -même, pour ainsi dire, jour & nuit.
A peine avois-je encore tenu l’œuf chaudement pen-dant 4 heures, que j eus impatience de le revoir. J’avoissoupçonné qti’il ne devoit pas conserver sa blancheurlorsque j’eus enlevé íe coton qui le couvroit, je vis qu’ií,avoit déja pris une couleur de marron. Je ne l'observai uneseconde sois que le lendemain, c'est-à-dire, 20 heures après-qu’ii eut été pondu: alors il étoit d’un beau noir, & austì lui-sant que s’il eût été verni , ou ques’il eût étéd'une écaille,noire & polie avec foin : le bout qui étoit noir dans l’iní-íant où l'œuf avoit paru au jour, n'avoit pas une nuancedifférente de celle du reste ; en un mot, il étoit devenu dela couleur de ceux des mouches des nids d’hirondelies*
Ce changement fait, l'ceuf n avoit plus rien à me mon-trer jusqu’au moment où l’insecte qu’il renfermoit dansson intérieur, se trouveroit en état d'en briser la coquedure & solide, jitsqu’au moment où cet insecte ícroit enétat de naître. Chaque jour, & plusieurs fois même danschaque jour, je regardois dans le poudrier pour examiner,s’ií n y étoit rien arrivé de nouveau, si cet œuf qui étoitl’objet de mes foins, étoit encore entier, si l’insecte n'enétoit point sorti. Le moment si désiré se fit attendre près-d’un mois. Ce ne fut que le Octobre que je vis l’œufouvert, & que je trouvai auprès, non un insecte qui eûtà croître & à subir des transformations, mais une mouche,cn tout semblable a celle par qui l’œus avoit été ponduSc dont toutes les parties avoient des dimensions égales auxdimensions des parties de celle à qui elle devoit la naissance.Le ventre de la mouche nouvellement née étoit seul un