602 'MEMOIRES POUR L'HíSTOIRElui presse le corps: on fait sortir de son bout postérieur un
• 4 8 - tuyau charnu * qui est comme refendu pour se terminerm . par deux branches *; de la tige du tuyau part de chaque* c ,c. côté un corps plus gros & pìus long * que les branches
dont il vient d'être fait mention : ces deux corps fontchargés de poils, & plus gros vers leur extrémité qu’à leurorigine. Toutes ces parties font soutenues par une efpece
* u. de vessie * qui change de forme, & qui fe renfle de plus
en plus à mesure que la prçssion augmente. Au-dessusde l’origine du tuyau charnu fe trouve un espace triangu-laire, dont deux côtés plus distincts que le troisième quiest l’inférieur, font noirs & bordés de poils: au milieu decet espace on croit voir un petit trou.
Si j eusse été incertain sur la façon dont ces mouchesi, 2 fe nourrissent, si /'eusse douté que ce fil si délié * quiparoît quelquefois en-devantde la tête, ôcauquel j ai donnéle nom de trompe, en étoit réellement une, mon douteeût été levé par une expérience que je n’avois pas cher-ché à faire. Plusieurs mouches araignées s’échapperentmalgré moi d'un poudrier où elles étoient renfermées, Scoù je n’avois voulu en prendre qu'une feule. Une decelles qui fe mirent en liberté, n'alla pas loin; après un volassés court elle vint fe poser fur ma main. Je n’eus gardede la chasser, je fus curieux de fçavoir si elle n'aimeroitpas autant percer ma peau que celle d'un cheval ou d’unbœuf: elle ne tarda pas à m'apprendre que mon sang étoità son goût ; elle allongea le filet délié que j'ai appelletrompe, Sc presque sur le champ elle en fit pénétrer lebout dans ma peau. Sa piquûre ne me fut pas plus sensi-ble que me l'eût été celle dune puce. Les chevaux de-vroient foûtenir patiemment les piquûresde ces mouches,si elles ne íeurfont pas plus douloureuses que celle-ci ne mele fut. Ua mouche fuçça constamment mon sang pendant