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12. Cc sont des mélanges de lit-térature , d’ínstoire & de philoso-phie. V. .Des Lettres Cn 5 vol. VI.Diélimnairc Historique U Critique,en 4 vol. in- sol. Rotterdam 1720.Bayle l’auroit réduit, de son pro-pre aveu, à un seul , s’il n’avoiteu plus en vue son libraire que lapostérité. Ce livre , d’un goût nou-veau , est accompagne de grandesnotes , dans lesquelles le compi-lateur a déchargé , avec plus deprofusion que de choix, tout cequ’il avoit pu recueillir de bon &de mauvais. Chaque article est ainsidivisées deux parties. L’une com-prend 1 exposition du sujet ; l’au-tre, un commentaire de cette ex-position. Quelque jugement qu’011porte de cette méthode, il est cer-tain que la plupart des lecteurs nes’en accommodent point. I.es ren-vois fréquens qui établissent la com-munication du texte & des remar-ques , piquent d’abord la curiosité;mais cela Fatigue à la longue. On nepeut se plaire d une lecture conti-nuellement interrompue. Je 11e parlepas des désordres qui règnent dansle commentaire ; de la transpositioninutile de plusieurs faits histori-ques , qui eussent beaucoup mieuxété placés daus le corps du texte,de la multiplicité confuse des re-cherches ; des digressions inutilesou trop fréquentes, ou amenéesbrusquement; de la multitude oude rembarras des citations; decette foule d’autorités contradic-toires , & de cette nuée confusede témoins , dont les dépositionsse coupent , & qu’il faut tous en-tendre les uns après les autres ;enfin de ces longs passages grecs,latins, gaulois , &c. dont tout lelivre est offusqué. Je lie parle-rai pas non plus d’une foule d’a-nccdotes hazardées, de citationsfausses, de jugcmqns peu justes, de
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sophismes évidens , d'ardurcs ré-voltantes. On apprend quelquefoisà penser dans ce Dictionnaire, &plus souvent à s’égarcr. Buyte trai-te 1 c pour & le contre de toutes lesopinions. II expose les raisons quiles soutiennent, & celles qui le*détruisent; mais il appuie plus furles raisonnemens qui peuvent ac-créditer une erreur, que sur cernedont on étaye une vérité. Un écri-vain célébré, grand admirateur deBayle , a dit: Qu'il étoit l’avocat-général des Philosophes , mais qn'Hne donne point ses conclusions. II lesdonne quelquefois. Cet avocat - gé-néral est souvent juge L partie; &lorsqu’il conclud , c’est ordinaire-ment pour la mauvaise cause.„ Bayle lui - même , dit un de les„ plus grands partisans , brode des„ toiles d’araignée comme un au-,, tre. II argumente , à l’article Ze-„ non , contre l’étenduc divisible de„ la matière, & la contiguité des„ corps ; il dit tout ce qu’il ne seroi*„ pas permis de dire à un géomètre„ de six mois. „ Ceux qui 011t.dit qu’il converse avec ses lecteurscomme Montagne ,auroient dû ajoij-ter qu’il leur parle arjcc moins d'e*nergie. Mais quelques défauts qii’o* 1reproche à Bayle , il faut avouerqu’il étoit né avec un grand fondsd’esprit & de génie, une imaginétion vive & une mémoire lieu**reusc. Les critiques qui lui ont re-fusé une érudition profonde , n’o ntpu s’cmpêchcr de lui accorder u* evaste lecture, puisée très-souvciddans dus livres rares & singuliers-Son style , tout verbeux qu’il est >a quelque chose d’agréablc & d’ 0 'riginal, un air libre & facile, J infcandeur , une simplicité qui dece-'lent le génie. II répand des fleu rSfur les matières les plus sèches ,& des réflexions solides dans l® 4sujets de pur enjouement. Les «c* 1 '