Band 
Tome IIe. [BA - CON.]
Seite
214
JPEG-Download
 

ti6 B 0 I

les Satyres. Ce poeme renfermeles principes fondamentaux de l’artdes vers & de tous les dissérensgenres de poésie, resserrés dans desvers énergiques & pleins de choses.Boilcttu avoit montré des exemplesà éviter dans ses Ss’-yres , & ildonne des préceptes à suivre dansfa Poétique. Celle A'Horace n’estqn'une epitre léçerc, fans ordre& fans art, en comparaison decelle de Boileutt. Ce doit être lelivre d’usage de tous les versifi-cateurs , & >e code des gens degoût.. C’est-là qu’on connoît le vraimérite de Dcfpréaux. Ce mérite con-siste dans l’art de parler raison envers harmonieux & pleins d’ima-ges , dans la pureté du langage,dans l’arrangemcnt des idées, tou-tes justes & sages , dans les liai-sons heureuses par lesquelles illes enchaîne , dans le naturel quiest le fruit du génie. II ne s’élcveguere , mais il ne tombe pas. Leroi, qui nc connoissoit encore Bot -Icuu que par ses vers, fut sollicitédc révoquer le privilège qu'il avoitaccordé pour cet ouvrage ; maisColbert , à qui ce monarque en re-mit l’examcn , ne voulut pas pri-ver la France de ce chef-d’œuvre,te Lutrin fut publié eu 1674, àl’occasiun d’un différend entre letrésorier & te chantre de la Ste.Chapelle.Ce fut le premier présidentdc Lamoignon , qui proposa à Des-préaux de lc mettre en vers. Un su-jet si petit en apparence, acquit dela grandeur & de la fécondité sousla plume du poète. C'cst un des badi-nages les plus ingénieux de notrelangue ; mais, au milieu des plai-santeries , on y voit ce qui consti-tue la vraie poésie. 11 anime , ilpersonnifie les vertus & les vices.Tout prend une ame & un visage.On admire sur-tout l’art avec lequelil amen? dans ce poème héroï-cc-

B O î

mique, les éloges les plus délicat 5 'Ce poème vient d’être traduits 178*'en beaux vers latins. [í'by.BoN'N E 'COSSE. ]Tant de belles p inductionsl’avoient annoncé à la cour. U elltl’honneur de réciter quelques chant 5de son Lutrin a Louis XIV.prince lui fit même répéter q»^ques morceaux de ses premier 5ouvrages. Lorsqu’il en fut à la con 1 'paraison de Titus , si bien rendu*dans son Epître , le monarque 1 *leva avec enthousiasme , en lui d 1 'sant : Voilà ce qui eft très-benu, cel*efl admirable ; je vous louerois da-vantage ,Ji vous ne ut'aviez postantloué. Je vous donne une pension dcîo®o livres,& je vous accorde te f’' 1 'vilege pour l'imprcjjìon dc tous vos ou-vrages. Ont mit, par son ordre, dauílc privilège : Qu'il voutoit procure?au public , par la leélurc de ces ou-vrages , la mime satisfaéfion qu' 1 ’en avoit reçue. Ce prince ajouta à CCSbienfaits, celui de lc choisir po llíécrire son histoire conjointementavec Racine. L'aendémie François-lui «uvrit bientôt ses portes. "fut auífi un des membres de l’a en-démie naissante des inscriptions &belles-lettres : il méritoit une pl acedans cette derniere compagnie , p ,irfa traduction du Traité du Snblitu*de Longin , une des meilleures qt ,enous ayons. Boileatt , que son titred’historiographe appelloit souventà la cour, y parut avec toute 1 *franchise de son caractère ; fran-chise qui teuoit un peu de la brus-querie. Lc roi lui demandant unjour, quels auteursavoieut le mieuxréussi pour la comédie ? Jc n'en can-nois qu'un , reprit le latyrique , ac'est Molière; tous tes autres n ontfait que des farces,comme ces vìlainltpieces de S'curron. Une autre fois *déclamant contre la Toéjie burlefqu 1devant lc roi & devant madame díMaìnUnon \ Hettreufement, dit-il»